Ces joueurs français qui disputeront l'UEFA Euro 2016 ™ avec une autre nation

Nombre de joueurs franco-étrangers ont choisi d'évoluer dans une autre sélection que la tricolore. Nous vous listons ceux qui fouleront très probablement les pelouses françaises à l'occasion de l'UEFA Euro 2016 ™, mais sans le maillot bleu.

Axel Witsel, 26 ans - Belgique : 64 sélections, 6 buts

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Après avoir fait les beaux jours du Standard de Liège et du Benfica Lisbonne le milieu de terrain s'est imposé comme un élément intangible du Zenith Saint-Petersbourg. Régulièrement courtisé par de grosses écuries européennes, le Liégeois est aujourd'hui un titulaire indiscutable des Diables Rouges de Marc Wilmots, avec pas moins de 64 sélections, à seulement 26 ans. Et pourtant, le talentueux milieu de terrain, fan inconditionnel de notre Zizou national, aurait très bien pu évoluer sous les couleurs de la sélection tricolore. Né d'un père martiniquais, celui qui avoue volontiers avoir "du sang français dans les veines" n'a cependant pas hésité à rejoindre la sélection belge dès ses 19 ans, en 2008. Pour le plus grand bonheur de nos voisins du plat pays, qui espèrent justifier les considérables attentes placées en cette génération dorée.

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Mevlut Erding, 28 ans - Turquie : 33 sélections, 8 buts

#MilliTakim @millitakimlar #euro2016france

Une photo publiée par Mevlüt Erdinç (@mevluterdinc9) le

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Formé au FC Sochaux-Montbéliard, Mevlut Erding a arpenté les terrains de Ligue 1 avant de rejoindre le championnat allemand l'été dernier. Passé par le Paris Saint-Germain, le Stade Rennais et l'AS Saint-Etienne, le Franco-turc évolue aujourd'hui dans le ventre mou de la Bundesliga au Hanovre 96. Né de parents Turcs à Saint-Claude dans le Jura, l'avant-centre a tout d'abord évolué au sein de la sélection des moins de 17 ans de l'équipe de France. Issu de la fameuse génération 87, il a notamment évolué aux côtés de Karim Benzema et Jérémy Menez - avant de s'engager en faveur de la sélection turque en mars 2008. De son propre aveu, le robuste attaquant aurait semble-t-il préféré représenter son pays natal :

Peut-être que si j’avais un niveau plus élevé et que j’avais eu le choix entre la France et la Turquie, ça aurait été différent…

Mais la perspective de disputer l'Euro 2008 avec la Turquie le convainc de renoncer à son désir de jouer pour l'équipe de France. Il connaît néanmoins une carrière internationale honorable, en attendant de voir les ambitions affichées par Fatih Terim, l’emblématique entraîneur de la prometteuse sélection turque, durant l'Euro 2016. Encore faut-il que le buteur fasse partie des 23 joueurs sélectionnés. L'intégration du Franco-turc dans son nouvel environnement étant plus délicate que prévu (8 matchEs, 0 but), l'attaquant n'a aucune garantie quant à sa participation à l'UEFA Euro 2016 l'été prochain...

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Lorik Cana, 32 ans - Albanie: 90 matchs, 1 but

Fils d'un footballeur professionnel, Lorik Cana évolue aujourd'hui défenseur central au FC Nantes. Avant de parcourir l'Europe au fil de sa carrière professionnelle (Paris Saint-Germain, Olympique de Marseille, Sunderland, Galatasaray et Lazio Rome), le petit Lorik avait déjà arpenté la route des Balkans accompagné de ses parents désireux de fuir l'actuel Kosovo. C'est en 1992 que la famille Cana s'installe en Suisse, avant de voir son fils faire ses valises pour la ville lumière en 2000.

Une fois sa situation régularisée, Lorik Cana est alors un joueur tri-national. Il a donc le choix entre les sélections albanaise, suisse et française. Quand de nombreux footeux visent la logique sportive, Cana choisit quant à lui la sélection Albanaise dès 2003, "un choix du cœur" selon le principal intéressé. Le destin voudra qu'il fête sa première sélection face à... la Suisse. Pour sa toute première participation à une compétition majeure, l'Albanie pourra compter sur son roc défensif qui a jusqu'ici su mettre son charisme d'acteur hollywoodien au service d'une équipe nationale qui, au vu de ses derniers résultats, semble la plus compétitive de son histoire.

Anthony Lopes, 25 ans - Portugal: 2 sélections

Né dans la banlieue lyonnaise de parents d'origine portugaise, l'étincelant portier avait le choix : représenter sa terre natale ou celle de ses aïeux. Visiblement moins tiraillé que prévu, le Franco-portugais explique sa décision dans les colonnes du Dauphiné:

C’est un choix que j’ai fait très jeune, à l’âge de 15, 16 ans. Et je l’ai fait tout seul, sans demander l’avis à personne. J’ai toujours été derrière l’équipe du Portugal, je passais mes vacances là-bas et je considère le Portugal comme mon pays même si je n’y suis pas né.

Arrivé comme un cheveu sur la soupe au poste de titulaire à l'OL en fin de saison 2012-2013, le Lyonnais est aujourd'hui considéré comme le gardien de but le plus prometteur de Ligue 1. Alors qu'il a fait toutes ses gammes au sein des équipes de jeunes de l'Olympique Lyonnais, il fait partie des trente joueurs portugais pré-sélectionnés pour disputer la Coupe du Monde 2014 en terre brésilienne. Paulo Bento, l'entraîneur de l'époque, se passera finalement des services du jeune portier, à l'époque vierge de sélection, pour échouer dans le groupe de la mort avant de quitter ses fonctions. Remplaçant sur la scène internationale, la formation lusitanienne peut compter sur ce jeune joueur de 25 ans susceptible de bousculer la hiérarchie. Un pari sur l'avenir qui devrait s'avérer payant étant donné la marge de progression du bonhomme.

"Non Didier, j'ai dit que je voulais jouer avec Cristiano !" / Photo AFP

"Non Didier, j'ai dit que je voulais jouer avec Cristiano !" / Photo AFP

Des Français, encore des Français, toujours des Français

Sans surprise, c'est bien la sélection portugaise qui réunira très certainement le plus de joueurs bi-nationaux lors de l'Euro. Tous deux nés en France d'un père portugais et d'une mère française, Raphaël Guerreiro (21 ans - 3 sélections, 1 but) et Adrien Silva (26 ans - 4 sélections, 0 but) ont eux aussi opté pour la sélection Portugaise. Quand le premier fait le bonheur du FC Lorient, l'autre se régale au Sporting CP, son club de cœur.

Du côté de la sélection polonaise, peut-être aurons-nous la chance de revoir Ludovic Obraniak (31 ans - 34 sélections, 6 buts) fouler les pelouses hexagonales. Souvenez-vous, alors qu'il évolue sous les couleurs du LOSC, le natif de Longeville-lès-Metz se rattache aux origines de son grand-père polonais et intègre la sélection de l'Aigle Blanc en 2009. Ne parlant pas un mot de polonais, les critiques fusent à l'égard du joueur naturalisé qui décide en 2013 de mettre sa carrière internationale entre parenthèses. Malgré une acclimatation difficile, le joueur du Maccabi Haifa a récemment fait part de son désir de réintégrer sa sélection nationale à l'occasion de l'Euro 2016.

Rien ne fait peur à Ludovic Obraniak

Rien ne fait peur à Ludovic Obraniak / Photo AFP

Comment dit-on "bonne chance" en polonais Ludo?

Par Antoine Bonnet, publié le 04/12/2015

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