"Giroud n'a rien à envier à personne" : Arsène Wenger a analysé France/Irlande en lisant vos tweets

Interrogé à plusieurs reprises sur l'efficacité de son avant-centre à Arsenal, Arsène Wenger a pris le temps d'expliquer pourquoi Olivier Giroud avait sa place chez les Bleus.

Il a aussi analysé le huitième de finale de l'Équipe de France en lisant vos remarques sur Griezmann, Kanté ou encore le placement de Pogba et Matuidi.

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"J'ai toujours pensé avant le match que le côté psychologique allait être très important et on a loupé notre début de match car on était paralysés, on avait peur et les Irlandais, eux, n'avaient rien à perdre. La veille, c'est vrai qu'il ne s'est pas passé grand-chose, la Suisse n'était pas terrible contre la Pologne par exemple. On a vu plus de choses en 7 minutes, mais la France finalement a eu le temps de se ressaisir à la mi-temps et elle s'est rendu compte que si elle ne se révoltait pas, elle allait sortir de la compétition et ça allait être un désastre national. On a donc provoqué pas mal de choses en deuxième mi-temps."

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"C'est une opinion un peu extrême. Je trouve qu'il était un peu perdu, c'est vrai, en première mi-temps, car il a été obligé de sacrifier son poste pour mettre Pogba à son meilleur poste. Moi j'ai toujours pensé que c'était un mauvais débat car en deuxième mi-temps, quand on a joué avec Pogba à droite et Matuidi à gauche devant la défense, ça a très bien marché, et on a vu à ce moment là que Matuidi servait à beaucoup de choses."

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"Moi je ne vois pas de problème pour que Pogba joue à droite, car il n'a pas de secteur de vision préférentiel droite ou gauche. Par contre Matuidi à droite je ne le vois pas du tout. Lui, il est vraiment dans son jardin. 'Ta zone est quelque part ta maison', et il y a des gars qui sont plus à l'aise pour sortir de leur maison que d'autres. Pogba l'est, Matuidi pas du tout. Donc je pense qu'à partir du moment où on met Matuidi à droite, on le sacrifie."

"Ça c'est un souhait. C'est vrai que Ben Arfa, personne ne conteste sa qualité. Ça a été une décision forte de Deschamps. Est-ce que jusqu'à la fin de la compétition, il aura raison ? C'est l'objet finalement de la compétition. Ben Arfa a été extraordinaire toute la saison. Au dernier moment, Didier Deschamps a décidé de s'en passer, peut-être parce qu'il pensait que s'il ne le faisait pas démarrer, il serait un poids pour le groupe, je n'en sais rien. Mais un jour, Didier Deschamps s'expliquera là-dessus, je ne pense pas que ce soit dû à la valeur pure de Ben Arfa."

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"Certainement. Et c'est vrai que si vous regardez le match, et pendant quelques minutes, vous isolez Kanté, vous voyez qu'il n'aime pas marcher, ça doit lui faire mal aux pieds, il cavale tout temps. Et non seulement il cavale tout le temps, mais quand il faut accélérer, il a le moteur et le turbo nécessaires pour. C'est un plaisir de le voir jouer au foot."

"Je ne suis pas assez machiavélique pour ça. Je pense que Rami a vécu une journée difficile dimanche, il n'était pas dans un bon jour, il a été pris dans son dos. Rappelez-vous, c'est déjà ce qu'avaient essayé de faire les Roumains. C'est vrai qu'il a souffert, et petit à petit dans le match il a perdu confiance en lui. Didier Deschamps devra trouver de toute façon une autre association pour le prochain match en quart." (Arsène Wenger nous parlait déjà des associations à faire dans la défense centrale ici.)

"Je trouve qu'en première période, il n'était pas assez secondé, il était trop isolé. Il s'est beaucoup battu sans beaucoup d'efficacité. Et à partir du moment où Griezmann était en soutien de lui, et il a pu utiliser sa puissance physique pour dévier sur Griezmann, il a été extrêmement dangereux. Donc je dirais qu'il a été un peu comme l'Équipe de France. Par contre, il a été vaillant tout le match lui, il s'est battu. Certains étaient éteints, je n'ai pas trouvé Giroud éteint en première période mais pas efficace. Mais en deuxième mi-temps, sa déviation de la tête sur le deuxième but est magnifique.

C'est le Giroud qu'on connaît, c'est-à-dire courageux, très bon sur les remises pour les pénétrations de ses partenaires, et très bon sur les centres, comme il l'a fait avec Griezmann. La première concentration des défenseurs, c'est de marquer les grands, ils oublient parfois les petits. L'exemple de Griezmann est fantastique, parce qu'il nous montre que pour marquer de la tête, il ne suffit pas d'être un géant, il suffit d'être au bon endroit. "

"Parce que ce n'est pas un joueur élégant, facile balle au pied, qui fait des pichenettes que les gens aiment voir. Mais la performance d'un avant-centre se mesure à son efficacité, et à ce titre-là, Giroud n'a rien à envier à personne. Moi ce que j'aime chez Giroud, c'est qu'il peut marquer et qu'il peut aussi faire des passes aux autres. Moi j'ajoute les buts marqués et les dernières passes. Quand vous faites ça avec Giroud, vous n'êtes jamais déçus."

"Exactement. C'est la question qu'aura à résoudre Deschamps pour le prochain match. Est-ce qu'il fera une équipe en gardant en point de base Giroud et Griezmann ? Ça va signifier des choix vraiment forts s'il décide ça contre l'Angleterre ou l'Islande. Et je pense que s'il opte pour une formule offensive, il est obligé de garder Griezmann et Giroud, il faudra trouver un équilibre au milieu de terrain et à ce moment-là, le 4-4-2 dictera Griezmann et Giroud. Moi personnellement j'adore, mais je ne porte pas sur les épaules comme Deschamps la responsabilité du bonheur de toute la France, et j'en suis bien content d'ailleurs, mais c'est un choix extrêmement important et très fort pour le prochain match."

(Il sourit) "J'aime la générosité ! Alors ça veut dire deux choses : soit tu mets vraiment Griezmann sur un piédestal, soit tu es content que ta femme soit partie."

"Si on le gagne, et qu'on continue à critiquer en disant qu'on joue mal, moi ça me va très très bien. Mais n'oublions pas ce que l'on disait au début de la compétition : la France a un atout, elle a un esprit, et elle a des individualités qui peuvent faire la différence, et surtout elle a une puissance physique qui souvent fait la différence. On le voit depuis le début, dans les 20 dernières minutes, l'adversaire diminue et nous on monte en puissance. La seule équipe qui peut lutter avec nous à ce niveau-là c'est l'Angleterre, et c'est le vrai piège pour nous de les rencontrer (quand Arsène Wenger nous répondait, l'Angleterre n'était pas encore éliminée, ndlr).

Physiquement, les Allemands ne sont pas aussi puissants ? 

Les Allemands ont plus une équipe technique, ils ont plus de qualité technique avec des joueurs comme Kroos, Özil, Khedira, Götze... Ce ne sont pas des joueurs d'impact, ils aiment plus la qualité technique dans la construction. Les Anglais, les Kane, Rooney, Dier, Alli, ils sont puissants physiquement, ce sont des joueurs dont l'impact est avant tout physique."

"On les travaille déjà pas mal, les joueurs, comme vous le savez sûrement, font des compétitions souvent après l'entraînement avec les gardiens. Mais c'est vrai qu'Özil n'aime pas trop les pénalties. Xhaka c'est inexplicable ce qu'il a fait, il a complètement dévissé sa frappe et a tiré dans les tribunes, je ne sais pas pourquoi, il va sûrement analyser ça lui-même. Mais de toute façon ce ne seront pas les tireurs de pénalty d'Arsenal."

"C'est un peu lui dire : 'Tu es le roi, et je m'incline devant toi.' C'est beau, car à cet âge-là, ce n'est pas facile."

Par Lucie Bacon, publié le 30/06/2016

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