On a passé notre Saint-Valentin avec les ultras parisiens au Santiago-Bernabéu

Il y avait près de 4 000 supporters parisiens ce mercredi soir au Santiago-Bernabéu, à Madrid. Parmi eux, plus de 500 ultras. Ensemble, ils ont joué bien plus que 90 minutes.

Ils ont actuellement certainement la meilleure équipe que le Paris Saint-Germain ait connue. Mais eux, comme on dit, ne sont pas devenus fans à l’arrivée d’Ibra ou Neymar. Eux, les déplacements, les fumis, les banderoles, les tifos, les cortèges, la passion, les déceptions, la répression, ça les connaît. Eux, ce sont les ultras. Ils étaient nombreux, hier, à avoir fait le déplacement à Madrid pour soutenir l’équipe d’Emery dans son 8e de finale aller.

© Lucie Bacon/Konbini

Publicité

Les ultras sont méfiants envers les journalistes, du coup, on ne pose pas trop de questions. Surtout, on observe ces femmes, ces hommes, habitués à se retrouver avant les matches, bien avant même parfois, pour organiser les animations des tribunes. Ils sont tous bienveillants, ils sont tous passionnés. Ils font partie de plusieurs assos, qu’ils rejoignent petit à petit en montrant combien ils sont prêts à y mettre du leur. Ensemble, ils forment le "Collectif Ultras Paris".

Ils savent que cette année peut être la bonne. Alors ils veulent être là. Ils se retrouvent tôt à Madrid, vers 15 heures, pour prendre le métro jusqu’au stade et, déjà, mettre dans les couloirs l’ambiance.

Publicité

À 500 mètres du stade, en tout début de soirée, ils sont entourés de toute part par les forces de l’ordre. "On bouge quand ils nous donnent l’autorisation". Ils sont patients, boivent des coups, discutent, parlent de la future compo, du dernier mercato. Questionnent aussi, se méfient un peu. "Vous filmez pas ma tête, hein ?" Même quelques personnes du staff du PSG sont là, pour immortaliser ce qui arrive puis le relayer sur les réseaux du club.

© Lucie Bacon/Konbini

Ce qui arrive, c’est justement le cortège. Là où ensemble, ils montrent qu’ils sont bien là. Les flics aussi sont toujours là. Sur plus de 500 mètres, ce sont eux qui entourent le collectif et le guident. Un tambour, une banderole, quelques fumis. Des journalistes espagnols font près d’une demi-heure de direct devant. Des journalistes français sont aussi là pour filmer. Aux abords du stade, le ton monte. Des coups de matraques sont pendant quelques secondes distribués par la police, personne ne comprend trop pourquoi, les flics eux-mêmes nous disent qu’ils ne savent pas. Les esprits s’échauffent un peu mais les leaders calment vite le jeu.

Publicité

Après quatre fouilles, les ultras prennent place dans les tribunes intermédiaires du Bernabéu. Les capos se mettent en place. Certains se déshabillent. Il ne fait pas froid au Bernabéu, d’immenses lampes chauffent les tribunes. Puis c’est parti.

Publicité

Siffler les adversaires, insulter CR7 qui va tirer le péno juste devant eux, ça fait partie du jeu. Mais plus que tout, il faut soutenir les Parisiens. Donc chanter, bouger non-stop pendant 90 minutes. Savourer les prises de balle de Neymar. Frémir sur celles de Lo Celso. Hurler de joie sur le but de Rabiot. Croire que c’est possible. Crier encore plus fort quand les Madrilènes prennent le dessus. Se dire que ce n’est pas croyable que les supporters adverses fassent aussi peu de bruit. Mais à aucun moment regretter d’avoir fait ce déplacement.

© Lucie Bacon/Konbini

En sortant du stade, ils se disent que cette année n’est en fait peut-être pas la bonne. Qu’il y a encore du taf. Mais ils étaient là, derrière les leurs. Jusqu’au bout. Parqués jusqu’à ce que le reste du stade soit vide, ils assistent au ballet des tondeuses qui s’agitent déjà sur la pelouse du stade. "Tiens, tu pourras le dire ça dans ton papier, que leurs tondeuses elles font plus de bruits que leurs supporters".

© Lucie Bacon/Konbini

Par Lucie Bacon, publié le 15/02/2018

Copié

Pour vous :