Ajaccio’s French defender Roderic Filippi heads the ball during the French L1 football match between Caen and GFC Ajaccio on… Lire la suite

Rodéric Filippi : "J'aimerais faire partie de l'Equipe de France"

Pour notre plus grand plaisir, on a discuté CFA, Premier League et bouffe avec le défenseur du Gazélec Ajaccio. Un mec cool et bien dans ses crampons. 

Difficile de passer à côté de Rodéric Filippi, le défenseur central du Gazélec Ajaccio qui, à vrai dire, n'en a pas grand chose à faire du foot. Un travailleur comme un autre qui nous a fait le plaisir d'évoquer avec nous son parcours atypique, ses objectifs et son pronostic pour l'Euro 2016. Enfin presque...

Peux-tu nous expliquer ton parcours de footballeur ?

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J'ai commencé le foot avec les copains, je n'étais pas du tout focalisé là-dessus et encore moins sur l'idée de devenir professionnel un jour. Mais j'étais compétiteur, j'ai toujours eu envie de gagner. Ça commence comme ça dans le club de ma ville. Après j'arrive au Cavigal de Nice en 16 nationaux donc je commence à toucher au haut niveau amateur. C'est la première fois que je me dis que j'ai peut-être une petite carte à jouer.

Je suis contacté dans la foulée par le centre de formation de l'AC Ajaccio et là, on se donne les moyens de pouvoir y arriver. Je signe ensuite un contrat de stagiaire pro mais c'est une année noire pour moi car pendant les trois saisons précédentes, j'ai forcé sur mes blessures pour montrer que j'étais présent avec pour objectif d'atteindre le niveau pro. Donc l'année où je deviens stagiaire pro tout pète. Je fais alors une année blanche, sans jouer.

"Je n'étais pas du tout focalisé sur l'idée de devenir professionnel un jour"

Ensuite j'arrive à rebondir au Gazélec grâce à un ancien coach de l'AC Ajaccio qui parle de moi au club. Donc je retourne au niveau amateur, je me dis que c'est maintenant ou jamais. Soit j'arrive à percer, soit j'arrête et je me trouve un autre boulot. Le fait est que je suis tombé sur un bon club, un bon groupe. On arrive a faire deux montées consécutives et à partir de là l'histoire se met en place et se poursuit encore aujourd'hui.

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Si tu devais retenir un moment en particulier, celui qui t'a le plus fait kiffer sur le terrain, ce serait lequel ?

Ce serait en dehors du terrain justement et je dirais la manière dont j'ai pu rebondir, passer de stagiaire pro à joueur du Gazélec en CFA pour grimper les échelons ensuite. C'est dans ces moments-là, quand on connaît une grosse blessure, qu'on se dit que c'est peut-être la fin de la carrière et du coup c'est un rebondissement extraordinaire. D'autant plus quand on repart de CFA. Monter deux fois d'affilée, se retrouver en ligue 2 l'année d'après, redescendre ensuite et remonter pour atteindre la Ligue 1, c'est inimaginable. Ce rebondissement, c'est vraiment le moment fort de ma petite carrière.

Photo Charly Triballeau / AFP

Le Robin van Persie corse (Photo Charly Triballeau / AFP)

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Tu es donc passé de la CFA à la Ligue 1 en très peu de temps, qu'est-ce qui t'a le plus impressionné durant cette première partie de saison ? 

(Il hésite) Pas grand chose (rires). Impressionner c'est un grand mot, je m'attendais plus ou moins à cette élévation de niveau en terme de concentration, de technique, et la capacité d'adaptation au moindre changement tactique et aux actions des équipes adverses. C'est pas non plus impressionnant puisqu'on a réussi à se mettre dans le bain. Ça l'aurait été si on n'était pas parvenu à rentrer dans le championnat mais on s'est plutôt bien relancé.

"Lucas va très vite mais bon on s'est pris 2-0, c'est pas une valise"

Aucun joueur en particulier non plus ?

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Non. J'ai pas encore connu Ibrahimovic (il était blessé au match aller, le 16 août, ndlr) mais pour le moment non. Par contre la meilleure équipe que j'ai rencontrée c'est sans conteste le Paris Saint-Germain mais de là à dire qu'il y en a un qui m'ait impressionné plus que ça... Lucas va très vite mais bon on s'est pris 2-0, c'est pas une valise. Certes on n'a pas eu d'occasion mais dans le jeu ça va, on n'a pas pris l'eau non plus.

Tu n'as jamais caché ton côté bon vivant, qu'est-ce que mange Rodéric Filippi après une belle victoire du Gazélec ?

Comme tout le monde (rires), je mange ce qui me vient. Généralement quand on sort d'un match on rentre à la maison ou à l'hôtel donc un bon plat de pâtes et une bonne viande, rien d'exceptionnel. Une petite bière pour décompresser aussi...

"Un jour, j'espère pouvoir jouer dans le championnat anglais"

D'ailleurs, n'étant pas un grand passionné du ballon rond, tu t'es quand même fixé des objectifs pour ta carrière ?

Je m'en suis fixé un mais c'est pas non plus un comble si je n'y arrive pas. En gros l'idée c'est d'un jour, j'espère, pouvoir jouer dans le championnat anglais. Il ne me passionne pas mais sans l'avoir trop regardé il y a du bon jeu, agressif comme j'aime, une belle ambiance, de bons supporters et les arbitres laissent le jeu se poursuivre. J'aimerais connaître ça un jour après c'est plus ou moins le seul objectif que j'ai. Après bien sûr, comme tout le monde, j'aimerais faire partie de l'Équipe de France mais je pense qu'il y a quelques étapes à franchir avant, c'est un objectif lointain. Il faut se fixer des objectifs pour pouvoir avancer mais quand ils sont hors de portée faut savoir rester à sa place.

Du coup pour le championnat anglais tu as un club en tête ?

Pas de club en particulier étant donné que je ne regarde pas souvent et puis je ne connais pas vraiment non plus le foot. Il y a une équipe qui me plaisait à l'époque parce qu'un joueur m'impressionnait. C'est Didier Drogba, je le trouve très fort donc si je devais choisir un club ce serait Chelsea parce que je les avais suivis un peu par-ci par-là.

Déclaration mercato 2016-2017 : "Je suis très heureux de cet accord, jouer pour Chelsea c'est un rêve de gosse et j'espère qu'on parviendra à gagner la Coupe du Monde 2018"

Et tu côtoies d'autres footeux en dehors des terrains ? 

Vachement ! Non pas du tout. Je ne côtoie que ceux de mon équipe mais sinon très peu pour moi.

Tu vas quand même jeter un oeil à l'Euro ?

Bien sûr ! (rires) Bon c'est ironique hein !

Je peux quand même te demander un petit pronostic pour la victoire finale ?

Etant donné que je ne sais absolument pas qui joue, je ne peux rien te dire (rires).

Je crois que c'est la meilleure réponse que j'ai eue à cette question.

Pas mal hein !

Par Antoine Bonnet, publié le 21/01/2016

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