Entretien avec Baptiste Santamaria, le plus grand marathonien de Ligue 1

La tour de contrôle du milieu angevin.

Buteur le week-end dernier face à Metz, Baptiste Santamaria continue d’étonner. Révélé en Ligue 2 du côté de Tours, le milieu français s’épanouit à Angers depuis désormais trois saisons. Troisième milieu de Ligue 1 le plus utilisé l’an dernier, il est également le joueur qui a parcouru le plus de kilomètres, pour le plus grand bonheur de son entraîneur, Stéphane Moulin. Entretien avec un milieu aux douze poumons.

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Avec 442,8 kilomètres, tu es le joueur qui a le plus couru en Ligue 1 la saison dernière. Comment devient-on le plus grand marathonien du championnat ?

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J’ai toujours été endurant, c’est une de mes grandes qualités. On parle souvent des dribbles ou de gestes techniques, mais l’endurance aussi est quelque chose d’inné. J’ai été formé en tant que milieu offensif, mais j’ai évolué depuis mon arrivée à Angers. Stéphane Moulin avait besoin d’une sentinelle et m’a demandé si ce poste de numéro 6 m’intéressait. Je lui ai répondu que j’allais essayer, et il s’est avéré que ça a super bien marché. Depuis, je n’ai plus bougé de ce poste.

Dans le futur, tu imagines continuer dans ce rôle de sentinelle ou tu aimerais retrouver une place plus offensive sur le terrain ?

Honnêtement, ça ne me pose aucun problème de continuer dans ce rôle. Je suis à l’aise à ce poste, et si un jour je suis amené à partir, je pense que je continuerais à y jouer parce que c’est en sentinelle que j’ai fait mes galons en Ligue 1. Après, j’ai la chance d’être polyvalent donc je ne ferme pas la porte à un retour plus haut sur le terrain.

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Tu comptes garder ce titre de plus grand marathonien de Ligue 1 cette année ?

[Rires] Ce n’est pas l’un de mes objectifs premiers. Je veux juste être le plus performant possible, mais quand on m’a dit à la fin de la saison que j’étais celui qui avait le plus couru, ça m’a fait plaisir pour deux raisons. Tout d’abord, ça confirme que j’ai beaucoup de temps de jeu, et c’est un facteur important pour n’importe quel joueur. Et puis ça montre que je travaille bien et que je cours intelligemment.

Effectivement, tu es aussi sur le deuxième meilleur intercepteur de Ligue 1 l’an dernier…

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Oui, je travaille beaucoup là-dessus. La première année à Angers, quand j’ai commencé à jouer à ce nouveau poste, je faisais des courses un peu inutiles. J’ai travaillé, et aujourd’hui j’ai acquis des automatismes qui me permettent d’intercepter beaucoup plus de ballons sans courir dans le vide.

Tu es également dans le top 3 en termes de duels gagnés en Ligue 1. Est-ce qu’il y a un adversaire qui t’a posé plus de difficultés qu’un autre dans ta carrière ?

À mon poste, je défends souvent sur des numéros 10, ou des joueurs qui évoluent souvent dans ce secteur. Des mecs comme Neymar et Ben Arfa m’ont impressionné : ils ont une capacité à passer dans le 1 contre 1 qui est affolante. Ils s’arrêtent, te regardent, attendent que tu fasses un petit pas vers l’avant et démarrent à 2 000 à l’heure.

Est-ce qu’il y a un match qui t’a marqué depuis ton arrivée en Ligue 1 ?

Oui, il y a un match qui m’a marqué, et pourtant je n’ai pas beaucoup joué en football pendant ces 90 minutes (rires). C’était lors d’un match au Parc OL, dans lequel nous avions pris un point (1-1, le 14 janvier 2018, NDLR.) Le coach m’avait demandé de faire un marquage à l’ancienne sur Fékir. Il m’avait dit "tu le prends tout le match, qu’il aille sur la ligne de touche ou aux chiottes, tu ne le lâches pas : il faut que tu te sacrifies pour l’équipe". Ce match m’a beaucoup appris, parce qu’on se rend à quel point c’est plus facile de jouer quand tu vas décider quoi faire plutôt que de subir les actions.

En dehors du foot, tu es également un grand amoureux de chevaux. Raconte-nous cette passion.

Depuis que je suis petit, j’ai toujours grandi avec des chevaux autour de moi. J’ai toujours aimé ces animaux, même si je sais qu’on doit s’en méfier : ils font quatre fois notre poids et sont très imprévisibles. Mais j’adore les monter, et quand je suis arrivé à Angers le destin m’a permis d’en acquérir un.

Grâce à un partenaire, le club avait organisé une course hippique. Je n’étais pas du tout dans ce domaine, mais comme j’aimais les chevaux j’ai décidé d’y aller. J’ai parlé avec un entraîneur sur place, qui m’a dit de passer à l’écurie pour qu’on en discute plus longuement. Sur place, il m’a demandé si ça m’intéressait d’acheter un cheval, et c’est là que je suis devenu le propriétaire de Déesse de Bouillon.

C’est quoi la relation que tu as avec ta jument ?

Je la vois comme un animal de compagnie. Qu’elle gagne ou qu’elle perde, ce n’est pas important. Je la regarde courir pour le plaisir avant tout. J’adore son caractère, elle est facile à vivre et c’est aussi ça que j’ai aimé. Je peux emmener mon fils la caresser : elle est fantastique.

En dehors de Déesse du Bouillon, tu comptes acquérir une autre jument dans le futur ?

C’est déjà fait ! J’ai pris une patte sur un nouveau cheval…

Hein ?

Oui, ça veut dire qu’on a pris un cheval à quatre avec des amis, et qu’on a tous mis une somme égale. Dans le jargon, ça veut dire qu’on possède une patte chacun du cheval, c’est une expression !

Par Julien Choquet, publié le 30/08/2019

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