L'histoire du soldat Edwards, l'Anglais qui voulait marquer un but dans les tranchées allemandes

Il y a cent ans jour pour jour, l'Europe s'engouffrait dans la Première Guerre mondiale. C'est le moment choisi par Frank Edwards pour entrer dans l'Histoire. Cet Anglais va défier ses supérieurs avec... une balle de foot. Récit.

Si le foot est le sport national en Grande-Bretagne, il le doit à une histoire riche de plus d'un siècle. De nombreux grands footballeurs ont marqué le pays comme George Best, Bobby Charlton ou plus récemment Wayne Rooney. Mais, aucun n'est vraiment "entré dans la légende" comme l'a fait le soldat Edwards. Ce carabinier anglais est devenu l'un des plus grands symboles du football british. Metro Sports est revenu sur cette histoire étonnante, à l'occasion du centenaire de la funèbre bataille de Loos durant laquelle il a osé défier son État-major avec... un ballon.

25 septembre 1915, le jour se lève sur Loos, petite ville du nord de la France. Le Royaume-Uni s'engage dans la plus grosse offensive britannique de "la Grande Guerre". Face à eux, l'enfer des tranchées allemandes. Histoire de s'évader un peu lors de leurs permissions, les soldats organisent des matches de foot. Un sport alors en pleine expansion parmi les souches populaires de Grande-Bretagne.

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Franck Edwards immortalisé par Lady Butler (Twickenham Museum)

Capitaine de l'équipe de foot des officiers de l'armée anglaise quand il ne fait pas la guerre, Frank Edwards pratiquait comme tant d'autres Britanniques ce sport où, finalement, il n'avait besoin que d'une balle et d'un terrain, même boueux au milieu des zones de guerre. Pourtant, face à ces combats sanguinaires, l'humeur n'est plus à la pratique du sport. Les haut-gradés de l'armée britannique décident de rendre la pratique du foot interdite.

C'en est trop pour Frank qui cherche un moyen de motiver ses troupes. Lors d'un combat, accompagné de ses compagnons de guerre devenus le temps d'une offensive ses coéquipiers, il s'élève et lance l'assaut, balle de foot aux pieds. Son objectif : réussir à franchir les lignes adverses et marquer un but dans les tranchées allemandes. Comme pour défier les autorités, son geste deviendra l'exemple d'insubordination le plus incroyable de "la Grande Guerre".

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Le cimetière dédié à la bataille de Loos (George Bellshaw)

Une tombe du cimetière dédié à la bataille de Loos (Photo Carters/Metro)

L'idée de la pratique du foot en temps de guerre, c'est à son supérieur qu'il la doit : le capitaine Nevill, retrouvé mort à quelques mètres des lignes ennemies, avec deux ballons qui traînaient à ses côtés. Il espérait permettre à ses soldats de se déconnecter de l'horreur du champ de bataille quand ils n'étaient pas appelés à combattre.

Frank Edwards n'a pas pu réaliser "son exploit". Il fut touché assez vite lors de l'assaut mais a réussi à s'en sortir. Alex Shooter, l'actuel directeur du musée dédié à cette bataille et sa compagnie des "London Irish Rifles", raconte à Metro Sport que quant à lui "le ballon a été trouvé par des carabiniers sur la deuxième ligne allemande et l'ont ramené".

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Pour le centenaire de la bataille, le musée de Twickenham rend honneur aux "Footballers of Loos" (George Bellshaw)

Pour le centenaire de la bataille, le musée de Twickenham rend hommage aux "Footballers of Loos" (Photo George Bellshaw/Metro)

Aujourd'hui, la balle a eu droit à une seconde jeunesse et à une fresque, la "Loos 1915", en l'honneur de ce groupe de soldats prêt à défier ses supérieurs dans une guerre aussi absurde que violente. À l'occasion du 100ème anniversaire de la bataille de Loos, la peinture est exposée dans le musée de Twickenham, ville d'origine du carabinier, où un pub porte même l'illustre appellation "Frank Edwards".

Par Léo Ciabrini, publié le 25/09/2015

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