"Désormais, ça serait un rêve de commenter la Ligue des Champions" : entretien avec Brak

Le duo le plus célèbre du monde de l'eSport peut rêver plus grand.

Samedi, les téléspectateurs de beIN Sports qui étaient devant le match opposant le PSG à Nice ont eu une petite surprise. En effet, en plus des commentaires de Christophe Josse sur beIN 1, il était possible de suivre le match avec les voix du duo Bruce et Brak, habituels présentateurs de l'Orange e-Ligue 1 sur la chaîne qatari. 

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Une expérience unique pour les deux passionnés et notamment pour Brak, qui nous avait avoué il y a trois ans lors d'une interview qu'il "rêvait de commenter un vrai match un jour." C'est désormais chose faite. 

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Football Stories | Comment êtes-vous passés des commentaires de l'e-Ligue 1 à ceux de PSG-Nice ?

Brak | Quand on a commencé à commenter la e-Ligue 1 il y a trois ans, le directeur des programmes, Florent Houzot nous a dit à l'époque : "Un jour on vous fera commenter un match de Ligue 1." Il avait dit ça un peu à la volée, donc on ne savait pas trop à quoi s'attendre à l'époque. Entre temps, on a commenté trois saisons d'e-Ligue 1, mais on n'a jamais oublié ses paroles, et on a toujours gardé cet espoir dans notre tête.

Et puis finalement, alors qu'on était à Madrid il y a une dizaine de jours avec Bruce, la nouvelle est tombée. Et attention, personne ne nous a prévenus directement : on a simplement reçu la notification du tweet de beIN Sports, qui annonçait que nous allions commenter PSG-Nice. Sur le coup, on n'a pas trop compris. On avait du mal à réaliser, on s'est dit "mais c'est quoi ce délire ?"

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C'est une belle marque de confiance de la part de beIN Sports en tout cas... 

Complètement. Depuis qu'on a commencé à travailler avec beIN Sports, on n'a jamais eu la sensation qu'on nous avait mis là par opportunisme. Et pourtant, on sait que l'eSport est quelque chose de très neuf dans le paysage médiatique français. On est vu comme des ovnis, mais on n'est pas mis à l'écart pour autant. Au contraire : on est respectés comme tous les animateurs, et il y a une vraie relation de confiance qui s'est instaurée avec beIN Sports. On fait partie de la famille. 

Comment as-tu préparé ce premier commentaire de "vrai" match ?

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Ça a été un travail de recherche et de documentation pendant une semaine. Je me suis notamment beaucoup intéressé à l'OGC Nice, parce que pour le PSG, même un supporter de Dijon, de Guingamp ou de l'OL  sait ce qu'il s'y passe tellement ce club est médiatisé au quotidien. 

Je me suis notamment beaucoup attaché à comprendre ce que voulait faire Patrick Vieira de son équipe. En plus de regarder des matches, j'ai écouté beaucoup de conférences de presse ou regardé des documentaires sur le club. Je voulais véritablement savoir comment le club fonctionnait, afin de comprendre tout cela une fois le coup d'envoi donné. 

Quelles sont les principales différences entre commenter un match de FIFA et un "vrai" match de foot ?

Avant une rencontre de Ligue 1, tu dois te renseigner sur tout l'environnement des clubs, des entraîneurs aux joueurs, en passant par le staff, les dirigeants etc... Tous ces éléments comptent, de la conférence de presse d'avant-match aux compositions, et ce sont tous ces détails qui vont déterminer le résultat final. L'eSport, c'est un joueur qui tient la manette, et à force de le commenter tu le connais par cœur, tu n'es plus surpris. 

Et d'un point de vue du commentaire, ça joue beaucoup. Quand on commente sur FIFA, on peut presque anticiper une action. Ça nous arrive même d'être en avance, ce qui est impossible dans le vrai foot. Chaque joueur qui va toucher le ballon va avoir une manière différente de se déplacer, de passer, de tirer : il y a toujours quelque chose de nouveau.

Quelles sont les principales difficultés que tu as rencontrées pendant ce premier commentaire ?

J'ai la chance de ne pas stresser, même pour ce genre d'événement. J'avais juste un peu d'appréhension par rapport à la durée du match. Sur FIFA, un commentaire dure environ 10 minutes : là, c'était deux fois 45 minutes. Mais en fait, c'est passé super vite. 

À aucun moment je n'ai eu de trou. J'avais toujours quelque chose à commenter ou à raconter. J'ai eu l'impression que c'était super naturel, et je pense que le fait d'avoir commenter autant sur FIFA a beaucoup aidé. 

Justement, est-ce que tu fais un parallèle entre les deux univers ? 

Pour moi, il n'y a pas d'énormes différences entre commenter un match de FIFA et un match de foot. Quand tu aimes FIFA, généralement, ça veut dire que tu aimes le foot à la base. Le fait d'avoir commenté de nombreuses années sur ce jeu m'a permis de développer un certain ton, un certain rythme, de canaliser mon enthousiasme. Et en arrivant au micro devant PSG-Nice, il y a une magie qui s'est opérée. C'est une passerelle qui m'a forcement aidé. 

Quels sont les retours que vous avez eus après le match ?

J'ai été le premier surpris par le nombre de retours positifs qu'on a eus. C'est assez incroyable, même venant de personnes qui ne font pas du tout partie de nos communautés. Je n'ai vu que très peu de commentaires négatifs, et forcément, ça fait plaisir et ça donne envie de continuer. 

Du coup, quel est votre prochain objectif ? 

Je ne sais pas (rires). Tout ce que je sais, c'est que j'adorerais commenter à nouveau un vrai match. Allez, on va dire que maintenant on peut rêver d'un match de Ligue des Champions. C'est le premier truc qu'on s'est dit avec Bruce après PSG-Nice, ça serait totalement fou, même si ça ne reste qu'un doux rêve pour le moment. 

Par Julien Choquet, publié le 06/05/2019

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