Photo César Charb

On a assisté au retour du football au stade Bauer le temps de la Coupe de France

Samedi 3 janvier. À Saint-Ouen, le stade Bauer revit le temps d’un match en accueillant dame Coupe de France et son 32ème de finale. La pelouse synthétique de l’enceinte emblématique de la banlieue rouge, qui ne voit plus les crampons de son Red Star (Ligue 2) exilé du côté de Beauvais, s’est offerte ce week-end aux amateurs du Blanc-Mesnil et au FC Nantes.

Sur le papier, la rencontre semble déséquilibrée par l’écart de divisions (5) entre les amateurs du 93 qui évoluent en DH et les 3 Coupes de France et 8 titres de champion du FCN. "On aurait préféré le PSG mais on est bien content d’avoir tiré une Ligue 1" raconte un des nombreux supporters blanc-mesnilois à avoir fait le trajet pour soutenir l’équipe de sa ville. "En face, ça reste lourd. Il faudrait pas qu’on prenne une valise !"

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Physio, ménage à trois et rap français

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L’ambiance est chaleureuse malgré la pluie qui a fait son apparition en même temps que les supporters du FCN. Officiellement, ils sont près de 300 à remplir le parcage visiteur, bien contents de pouvoir à nouveau effectuer un déplacement. La chose était interdite depuis les attentats du 13 novembre. Quelques sympathisants canaris venus de la région parisienne garnissent les rangs. Parmi eux Thomas*, qui a dû montrer patte blanche jaune à l’entrée du stade.

Il fallait obligatoirement que je porte un signe distinctif du FC Nantes d’après la sécu ! Un bonnet, un maillot, quelque chose aux couleurs du club… Évidemment, je n’avais rien. C’était comme être en boîte et se faire refouler par un videur. J’ai bien cru ne jamais rentrer pour supporter mon club de cœur, mais une âme charitable m’a prêté une écharpe et j’ai pu accéder à la tribune.

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De l’autre côté, ce n’est pas un mais deux groupes de supporters qui font face. Les Blanc-Mesnilois bien sûr, mais aussi d’irréductibles fans du Red Star venus encourager le petit Poucet et pousser une gueulante par une banderole bien sentie : "Bauer non homologué, c’est seulement pour le Red Star". Il est vrai que les Audoniens peuvent l’avoir mauvaise, mais les règles de la LFP (qui gère le championnat de Ligue 2) ne sont pas celles de la FFF (qui gère la Coupe de France) et ce qui n’est pas homologué par la Ligue peut l’être par la Fédé.

Sur la pelouse, le miracle n’aura pas lieu. Les Nantais, s’ils ne dominent pas nettement le début de la rencontre, se procurent les plus franches occasions. Le poteau sauve les amateurs du 93 à la demi-heure de jeu, avant que Thomasson n’ouvre le score juste avant la mi-temps. "C’est rageant d’en prendre un à 5 minutes de la pause, mais c’est logique" entend-on dans le coin blanc-mesnilois. Les locaux peuvent regretter que leur "vedette" Wesley Ngo Baheng, qui a fait ses classes à Newcastle entre 2007 et 2010, n’ait pas coupé un centre qui filait devant les bois de Dupé.

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Pour la petite histoire, Ngo Baheng est devenu une star malgré lui en Angleterre lorsqu’un geek en fit son idôle 2.0 sur Football Manager. Le joueur formé au Havre possède une page Wikipédia (en anglais) et même une chanson à sa gloire écrite par un boutonneux à lunettes de l’autre côté de la Manche. Aujourd’hui Ngo Baheng a troqué ses rêves de football professionnel pour ceux du monde de la musique. Lorsqu’il ne foule pas les pelouses franciliennes, Wesley devient F-ikass et rappe football, évidemment.

Défaits mais vaillants

Déjà bien en jambes lors du premier acte, le Brésilien Adryan va profiter du manque de lucidité de la défense séquano-dionysienne (de Seine-Saint-Denis, voyons) pour faire le break au terme d’une petite danse dans la surface de réparation. Quelques projectiles lancés du kop du Blanc-Mesnil accueille ce but, mais le calme est vite rétabli. La Coupe de France est une fête, s’amuse-t-on à se répéter chaque année.

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Malgré la défaite, les amateurs ont bien résisté face à des Canaris qui se sont contentés du minimum. Le président Kita s’est même invité dans les vestiaires pour féliciter son vaillant adversaire. À moins que ce ne soit pour proposer un contrat à une vieille gloire de Football Manager.

*Le prénom a été modifié

Par Romain Poujol et César Charb (What’sTheFoot)

Par Romain Poujol, publié le 05/01/2016

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