Le chantier du stade qui devrait accueillir le match d’ouverture et la finale du mondial 2022 (©️ Getty Images)

Près de 2 000 ouvriers sont décédés "de mort naturelle" sur les chantiers au Qatar

En tout, ce sont plus de 2 700 Indiens et Népalais qui ont trouvé la mort sur les futures installations du Mondial 2022.

C’est un chiffre qui fait froid dans le dos. Selon The Guardian, environ 2 700 ouvriers népalais et indiens sont morts entre 2012 et 2018 sur les chantiers des stades pour la Coupe du monde 2022 au Qatar. Parmi eux, 2 000 seraient décédés de "mort naturelle". Beaucoup seraient des jeunes hommes morts dans leur sommeil. 

Selon le gouvernement népalais, 1 025 de ses ressortissants sont morts au Qatar entre 2012 et 2017, et 676 d’entre eux de "mort naturelle". Pour le Foreign Employment Board, l’agence népalaise responsable du bien-être des travailleurs immigrés, qui tire ses chiffres des certificats de décès que délivre le Qatar, les décès sont dus à des arrêts ou des crises cardiaques, des insuffisances respiratoires ou des "maladies", sans plus de précisions. Les autorités indiennes ont, elles, recensé 1 678 ressortissants morts au Qatar dont 1 345 de "mort naturelle". 

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Le chantier du stade qui devrait accueillir le match d’ouverture et la finale du mondial 2022 (©️ Getty Images)

Selon l’enquête du Guardian, les travailleurs sur les chantiers du Qatar sont exposés à des chaleurs extrêmes pendant 10 heures par jour, et selon un cardiologue, ce "stress thermique" entraîne fatalement des accidents cardiovasculaires. 

Si la "mort naturelle" est retenue, c’est parce que les autorités locales ne font pas faire d’autopsies sur les cadavres, ne pouvant donc pas infirmer ou confirmer la thèse de l’accident cardiaque. Un représentant du gouvernement qatari a indiqué que les familles des défunts doivent approuver une autopsie avant qu’elle ne soit pratiquée, or, plusieurs familles de victimes, avec qui The Guardian s’est entretenu, affirment qu’aucune demande ne leur est parvenue. 

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D’autres enquêtes de médias montrent que ces phénomènes ne sont pas propres uniquement au Qatar, et que dans d’autres pays du Golfe, qui font appel à de la main-d’œuvre étrangère à bas prix, de nombreux ouvriers trouvent la mort dans des circonstances floues. 

"Ça ne se passe pas seulement au Qatar… Des statistiques horribles montrent maintenant l’ampleur des décès de travailleurs migrants aux Émirats arabes unis. 5 185 Indiens y sont morts entre 2012 et 2017. Les ambassades ont rapporté que 70 % d’entre eux ont eu des crises cardiaques (ce qui signifie qu’elles n’ont aucune idée de la façon dont ils sont morts)."

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Par Lucie Bacon, publié le 08/10/2019

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