On a parlé avec des "escort kids", ces enfants qui accompagnent les joueurs sur la pelouse

Notre rêve à tous quand on était minots.

À l’occasion des 30 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant, France Inter et Konbini s’associent à l’UNICEF et consacrent une journée spéciale : "Les enfants d’abord !"

On les voit au début de certains matches accompagner les joueurs depuis le tunnel jusqu'à la pelouse. Maillot des deux équipes sur le dos, ceux qu'on appelle les escort kids se retrouvent pendant un instant sous le feu des projecteurs, comme leurs idoles. Une expérience à part entière que nous racontent Alexandre et Basile.

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Le premier joue au FC Septemes, non loin de Marseille, quand le second est licencié au club de Championnet, dans le 18e arrondissement de Paris. Tous les deux ont eu la chance d'accompagner des joueurs sur la pelouse, respectivement lors d'un match de l'OM en 2017 et du PSG en 2015. Ils racontent aujourd'hui leur souvenirs, et le bonheur est toujours au rendez-vous chez ces ex-escort kids, même des années après.

Football Stories ⎜Comment avez-vous appris que vous alliez devenir escort kids ?

Alexandre ⎜ Après un match, le coach nous a dit qu'on allait accompagner les joueurs dans deux mois. Mais personne n'y a cru. Puis, on a vu que c'était vraiment en train de se faire.

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Basile ⎜ J'étais à la maison et mon père est venu me dire : "On m'a invité pour aller au Parc pour accompagner les joueurs". J'étais super content. J'y suis allé, c'était super.

Est-ce que c’est quelque chose que vous rêviez de faire ?

A : Quand je l'ai su, j'étais très content. Jamais je n'aurais imaginé le faire un jour.

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B : Je voyais les enfants le faire à la télé, et je me disais que ce serait trop cool si on me voyait à la télévision aussi.

Qu’est-ce que ça fait de fouler la pelouse et de rentrer en même temps que les joueurs ?

B : J'étais fier, j'avais la chance d'être là. Tout le monde me regardait. C'était vraiment incroyable.

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A: J'étais en stress. C'était la première fois que je voyais un joueur d'aussi près. C'est quand on est rentré sur la pelouse que le stress est parti et, là, j'ai pu profité du moment.

Vous teniez la main de quel joueur ?

B : Pastore. Mais on n'a pas trop parlé.

A : C'était le numéro 7 de Saint-Étienne mais je ne me rappelle plus de son nom [Bryan Dabo, NDLR]. Tout le monde m'a dit de lui demander son maillot, mais avec le stress j'ai oublié de le faire dans le tunnel. Et en rentrant sur la pelouse je le lui ai demandé mais il m'a dit que ce n'était pas possible.

Tu n'étais pas trop dégoûté que ce ne soit pas un joueur de l’OM ?

A : Oui, au début. Quand on a vu les petits de l'OM avec les joueurs de Marseille, on était un peu jaloux, parce qu'ils peuvent le faire souvent. Mais dès que les joueurs de Saint-Étienne sont arrivés, on s'est dit que ce n'était pas si grave. Ce sont des professionnels aussi.

Au final, quel souvenir gardez-vous de ce moment ?

A : C'est de voir le public, de regarder les supporters. Il y avait plein de bruit, le stade était plein et le virage Nord était en feu. J'avais comme l'impression que le stade nous applaudissait aussi.

B : Quand on était dans le tunnel du Parc, j'ai fait un check à Zlatan.

Mathieu, le papa de Basile : Thiago Silva, il était cool aussi. Dans le tunnel, il rigolait avec les enfants. Les Brésiliens sont plus sympas avec eux.

Si c'était à refaire, vous le referiez ?

A : Je le fais. C'est toujours un rêve de rencontrer plusieurs joueurs de foot.

Et si vous pouviez choisir un joueur en particulier ?

A : Mandanda. C'est un monument du club.

B : N'importe, je les aime bien tous.


Les "escort kids" sont très souvent des enfants évoluant dans des clubs partenaires de l'équipe qui reçoit. C'est le cas d'Alexandre qui évolue au FC Septemes, club affilié à l'OM. Quand ce n'est pas par ce biais, les enfants peuvent aussi être invités par des marques dans le cadre d'une opération avec un club ou une équipe nationale.

Par Abdallah Soidri, publié le 20/11/2019

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