Ninho : "Rothen, même s’il déconnait parfois, je l’aimais bien"

Passé très rapidement du centre de formation du rap français à une carrière professionnelle prometteuse, Ninho est de la même génération que l'actuelle jeunesse dorée du football hexagonal. Précoce comme nos attaquants tricolores, l'enfant des quartiers du 91 est déjà disque d'or avec son album Comme prévu et reste un éternel amoureux du PSG et des joueurs brésiliens. 

Football Stories | Dans tes précédents projets, tu citais un joueur de foot dans la plupart des sons. Tu es un grand fan de foot ?

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Ninho | Ouais, je l’étais. Je le suis un peu moins, je suis moins les matches. Quand j’étais petit, je voulais devenir footballeur. Je cite souvent des joueurs parce qu’être footballeur, c’est le rêve de 80% des petits d’un quartier. C’est le sport le plus accessible. De génération en génération, ça se transmet par les frères, les pères. Il y a toujours une envie de devenir une star du foot, de marquer des buts.

Tu dis "On rêvait d’être footballeurs, on est tombés dans la bédave". Tu jouais beaucoup ?

Beaucoup. J’étais en club jusqu’à 13 ans. À 15, 16 ans; quand on tombe dans la bédave, le cardio baisse, tu as moins l’envie d’aller jouer au foot. Tous ceux qui jouent au foot savent qu’on ne peut pas faire les deux ! Moi, j’étais un attaquant, numéro 9. J’aimais beaucoup Ronaldo car j’aimais le Real Madrid et le Brésil. Le Brésil techniquement, et comment ils s’entendaient sur le terrain, c’était vraiment une grande équipe quand j’étais petit. Après c’est peut-être le destin qui m’a fait arrêter de jouer.

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"J’ai été marqué par l’époque Ronaldinho, puis Yepes"

Ton nom Ninho, ça a un rapport avec tous les joueurs brésiliens qui ont un nom qui finit en "–inho" ?

Il y a un lien oui et non. En fait, je l’ai écrit comme ça parque que je ne voulais pas l’écrire avec « ñ ». Ca peut venir de ça mais je ne l’ai pas cherché spécialement !

J’ai été marqué par l’époque Ronaldinho, puis Yepes. Et même Rothen, même s’il déconnait parfois, je l’aimais bien quand même (rires). Après, il a failli y avoir la chute en Ligue 2, l’équipe n’était pas sérieuse mais là ça remonte !

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Tu es l'un des rares rappeurs à citer des joueurs comme Pelé ou Maradona dans tes textes alors que ce n’est pas du tout ta génération. Tu les as découverts comment ?

Mon père regardait beaucoup le foot et c’est lui qui m’a parlé de ces joueurs. C’est lui qui m’a transmis l’amour du foot. Je regardais toutes les CAN en famille ou au quartier, ce sont vraiment mes souvenirs d’enfance liés au foot. Le match d’enfance qui m’a le plus marqué, c’est le Paris-Marseille gagné 3-0 au Vélodrome avec Ronaldinho qui part de notre cage pour aller dans leur cage, ça m’a choqué !

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Pourquoi as-tu décidé de name-dropper tous ces joueurs ?

Quand un joueur est impressionnant, tu as beaucoup à dire sur lui. Dans une vie, tu as des objectifs et des choses à accomplir et pour un footballeur, c’est pareil, donc tu d’identifies facilement aux footballeurs. Surtout dans le milieu artistique où tu as les mêmes objectifs : être le plus fort, t’entraîner, etc. En général, ça vient naturellement avec la rime.

Dans l’album Comme prévu, il n’y a plus toutes ces phases en rapport avec le foot. Pourquoi ?

Déjà car je suis moins le foot. Les thèmes abordés tournent plus autour du succès que j’ai depuis un an. J’ai plus envie de raconter ma vie et ce qui m’arrive à mes auditeurs que leur parler de foot, c’est sûr.

"Mané je l’ai découvert grâce à la CAN, il m’a impressionné, il est puissant"

Mais tu pourrais faire un lien entre ton ascension et celle d’un joueur comme Mbappé par exemple !

(Il rigole) Ouais carrément ! S'il y a une rime à faire sur Mbappé, on va la placer. Là, dans "Chino", j’ai quand même placé Sadio Mané, donc pourquoi pas Mbappé, pas de souci. Mané je l’ai découvert grâce à la CAN, il m’a impressionné, il est puissant. Il m’a envoyé une vidéo d’ailleurs. Même les espoirs de Chelsea ont passé mon son dans leur vestiaire. Il y a aussi Jean-Philippe Mateta (un attaquant lyonnais de 20 ans actuellement en prêt au Havre, ndlr) qui est un très bon ami à moi. Kurzawa aussi avait fait une vidéo. Ça me fait plaisir parce que les joueurs qui m’écoutent sont dans le même état d’esprit que moi : ils ont des objectifs et ils arrivent à bien les suivre, ils montent, de mon côté aussi je monte.

Il paraît que tu ne vas pas trop au Parc des Princes ?

J’y suis allé une fois quand j’étais petit vers 9, 10 ans et j’y suis retourné cette année. C’est beau à voir en vrai. Tu ressens les émotions, la pression du stade et ça n’a rien à voir avec la télévision. J’ai envie d’y aller plus souvent, surtout avec les arrivées de Neymar et Mbappé, il va y avoir du spectacle !

On termine avec ton 11 de rêve : 

Par Roch Serpagli, publié le 22/09/2017

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