Johan Cruyff – Official Facebook

Messi, Cruyff, Di Stefano : revue de ces immenses joueurs au palmarès vierge avec leur nation

Cristiano Ronaldo vient d'accéder au club prestigieux des immenses joueurs qui ont gagné un titre avec leur nation. Longtemps, on a reproché au Portugais et à Lionel Messi un palmarès en équipe nationale vierge, pour les comparer à Pelé, Maradona ou Zidane. Pourtant la liste de ces joueurs maudits reste prestigieuse. 

Nul n'est prophète en son pays

Lionel Messi n'est plus à présenter. 5 Ballons d'or, 4 C1 et 8 titres de champion d'Espagne. La Pulga est définitivement l'un des meilleurs de l'histoire, pourtant on lui reproche ses échecs avec l'Argentine. Un trou dans son palmarès qui empêche certains de le mettre au même niveau que Diego Maradona, Pelé ou Zinédine Zidane, qui eux ont été décisifs en Coupe du Monde notamment. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, avec plus de trois finales de Copa America et une en Coupe du Monde 2014. La défaite récente lors du centenaire de la Copa America a fait très mal au moral du lutin argentin, qui a décidé de prendre sa retraite internationale. Si Cristiano Ronaldo a finalement réussi à gagner un titre, Lionel Messi a encore toutes ses chances en vue de la Coupe du Monde 2018, notamment avec une vague de jeunes cracks argentins qui se bousculent au portillon.

Lionel Messi - Facebook AFA

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Tacticien révolutionnaire mais perdant légendaire

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Johan Cruyff est considéré par beaucoup comme étant le meilleur joueur de l'histoire tant il a laissé une trace indélébile sur le football. Génie tactique, il a révolutionné le jeu de l'Ajax et du FC Barcelone qui suivent encore aujourd'hui ses préceptes. Il a notamment remporté 3 Coupes d'Europe des Clubs Champions d'affilée, en 1971, 1972 et 1973. Mais avec les Oranje, Johan Cruyff n'a pas réussi à gagner un seul titre international. Lors de la Coupe du Monde 1974, les Pays-Bas impressionnent en pratiquant le fameux football total, mais ils échouent en finale face à l'Allemagne de Franz Beckenbauer. Malgré cette défaite cuisante, le joueur rentrera dans la légende en devenant cet entraîneur de génie avec la philosophie que l'on connaît.

Johan Cruyff - Official Facebook

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Deux équipes nationales, deux échecs

L'Argentine en 1947, et l'Espagne de 1957 à 1961. Le triple Ballon d'or Alfredo Di Stefano est le seul joueur de son envergure à avoir porté le maillot de deux sélections officielles. Pourtant, cela n'a pas été synonyme de succès. En 1947, il participe au championnat sud-américain (ancien nom de la Copa America). L'Albiceleste perd en finale face à l'inévitable Uruguay, alors que la légende du Real Madrid marque 6 buts en 6 matches. Et puis plus rien. Il joue même 4 matches avec la Colombie, mais la fédération locale est suspendue et donc sa participation non validée.

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Alfredo Di Stefano - Facebook Real Madrid

Alfredo Di Stefano - Facebook Real Madrid

Mais jamais deux sans trois, Di Stefano rejoint l'Espagne après sa naturalisation. Sans succès, c'est le cas de le dire, avec des échecs aux éliminatoires de la Coupe du Monde 1958 et de l'Euro 1960. Alors que la Roja se qualifie pour la Coupe du Monde 1962 au Chili, Di Stefano se blesse en match de préparation contre Osnabrück, club de seconde division allemande. Il ne peut alors pas rejoindre Ferenc Puskas, son illustre coéquipier lui aussi naturalisé en 1960. Finalement, le Madrilène n'a jamais participé à un match de Coupe du Monde dans sa carrière. Triste pour un mythe comme lui.

L'échec du football samba de Zico et Socrates

Si le Brésil est loin d'être chatoyant ces dernières années, notamment avec les deux mandats de Dunga, les Auriverde sont évidemment les pionniers de ce qu'on appelle couramment le beau jeu. Le mythique Telê Santana est nommé sélectionneur en 1980, et instaure le football samba, un jeu ultra offensif basé sur les individualités de l'équipe. À la Coupe du Monde 1982, le Brésil écrase tout sur son passage dans son groupe, avec les Zico, Socrates, Falcão, Carlos Alberto ou Eder. Mais pour se qualifier en demi-finale, ils doivent faire au moins un nul face à l'Italie. Alors qu'ils égalisent deux fois, ils continuent d'attaquer tout de même ! Paolo Rossi les crucifie une 3ème fois et démontre les limites du football samba.

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Zico - Facebook Museu Seleção Brasileira

Zico - Facebook Museu Seleção Brasileira

Telê Santana démissionne et c'est Carlos Alberto Parreira qui lui succède. Lors de la Copa America 1983, le Brésil échoue en finale face à l'Uruguay. Les remplaçants de Parreira se succèdent jusqu'à ce que le grand Telê Santana ne revienne et rappelle les anciens comme Zico ou Socrates, plus des jeunes comme Julio Cesar ou Müller. Le football samba revit mais ses apôtres, comme le Pelé Blanc de retour de blessure, ne sont pas dans la forme de leur vie. Ils finissent par se faire éliminer en quart face à l'Equipe de France, au cours d'une séance de tirs au but devenue mythique. C'est d'autant plus cruel quand on sait que Zico rate un penalty dans le jeu et que Socrates manque son tir au but. C'est aussi ces échecs qui font leur légende encore aujourd'hui.

Pas de proie pour la panthère noire

Eusébio est la légende incontestée du football portugais, devant Luis Figo ou même Cristiano Ronaldo. 11 fois champion du Portugal avec Benfica, une coupe d'Europe des Clubs Champions en 1962 et 3 autres finales supplémentaires... Cela vous pose un homme ! Mais le palmarès d'Eusébio a un vide qui ne sera jamais comblé avec la sélection, alors que l'occasion se présentait lors de la fameuse Coupe du Monde 1966. Lors du deuxième match, il bat pourtant le Brésil de Pelé qui sera victime d'un attentat lors de ce match.

Eusébio - Facebook Seleções de Portugal

Eusébio - Facebook Seleções de Portugal

En quart de finale, la panthère noire inscrit un quadruplé contre l'équipe surprise de la Corée du Nord, qui avait éliminé l'Italie. Malgré un nouveau but en demi-finale, le Portugal s'incline face au pays hôte et futur champion, l'Angleterre. Lors de la petite finale, Eusébio marque un neuvième but face à l'URSS et devient meilleur buteur. Mais sa malchance ne s'arrête pas là, car il perd d'une voix le Ballon d'or remporté par Bobby Charlton. Quand ça ne veut pas...

Est-ce que Lionel Messi rejoindra un jour les Maradona, Pelé, Zidane, Beckenbauer et autre Platini ? Mystère...

Par Wallid Addigue, publié le 13/07/2016

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