L'Allemand : "Beaucoup te parlent des ligaments croisés, mais moi c’est vraiment arrivé"

Ligaments croisés, amitiés avec Aouar, paris et abonnement à Gerland : on a parlé foot avec l'héritier de Jul version lyonnaise.

Comme pas mal de jeunes lyonnais, L’Allemand est un franco-algérien doué balle au pied. Une blessure aux ligaments et quelques bêtises l’ont empêché de percer dans le futsal : il fera donc le bonheur des auditeurs de rap de sa ville en représentant le "six nueve". Mais à l’écoute de sa mixtape "Liberta", on comprend que le ballon rond est resté sa grande passion. 

Dans ton dernier clip "Liberta", tu portes le maillot de l’Olympique Lyonnais. Tu viens de Vénissieux, on imagine que tu as toujours supporté l’OL ?

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La base, ouais. Ce qui me revient en premier en tête, c’est Juninho, les coups francs, le stade de Gerland, la grande époque de Lyon avec les 7 titres d’affilée. Je suis tombé très jeune dans le foot, j’ai commencé moi-même à jouer vers 5-6 ans. Aujourd’hui, je n’ai pas toujours le temps de regarder les matchs de Lyon mais je suis toujours les résultats.

Tu penses quoi des changements récents ?

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Je suis content qu’il n’y ait plus Sylvinho parce que je ne l’aime pas. Il n’a rien à faire dans le foot, il change toutes les semaines d’équipe… Franchement, je n’aimais pas Genesio mais c’était mieux que Silvinho. Tout ce que j’espère maintenant, c’est que l’année prochaine on se qualifie en Ligue des champions.

Tu as une explication de la différence de niveau de Lyon quand ils jouent des petites équipes et quand ils jouent la Ligue des champions ?

C’est la malédiction de Lyon, c’est pareil tous les ans. Même si tu leur ramènes Neymar, ça ne changera pas : le samedi, à 17h, ils perdent tout le temps. Si tu joues au Cote & match et que Lyon joue le samedi à 17h, tu peux les mettre perdant.

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Et tu as déjà fréquenté le Parc OL ou l’ancien stade de Gerland ?

J’allais à Gerland, j’ai même été abonné pendant un an. J’étais en virage Nord juste à côté des Bad Gones, c’était chaud, ça bougeait, ça chantait, c’était bien. Mais le stade de Décines, je n’y ai jamais mis les pieds. Si je veux, je peux me faire offrir des places, mais je n’ai pas eu l’occasion. Si c’est l’hiver, je n’y vais même pas, je préfère être dans mon canapé avec un gros pétard plutôt que de sortir du stade à la 85e pour se taper les bouchons en voiture… C’est ça qui m’a dégoûté !

Tu détestes Saint-Étienne comme un vrai Lyonnais ?

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Même pas, je n’ai pas ce côté "derby". J’ai même des maillots de Saint-Étienne chez moi et je suis pote avec Kevin Monnet-Paquet. C’était le voisin de mon frère à la base, et on a fait ami-ami.

Tu suis d’autres équipes que Lyon ?

Après Lyon, mon équipe préférée, c’est le Real Madrid. Et même si tu n’aimes pas le Barça, tu ne peux qu’aimer Messi. J’aimais beaucoup Chelsea, j’étais très Blues, je le suis un peu moins depuis le départ de Hazard. Je les aimais pourtant depuis l’époque de Drogba, Lampard…

Il y a pas mal de références au monde du foot dans ta mixtape. Tu vas nous expliquer tout ça et on commence par : "4-4-2, numéro ten, j’suis milieu dans le jeu"

Je fais référence à mon passé. Beaucoup de rappeurs te parlent des ligaments croisés, mais moi c’est vraiment ce qu’il s’est passé. Je me suis fait les croisés il y a deux ans et depuis je n’ai plus joué au foot en club ni en futsal, alors que j’avais vraiment quelque chose. Des recruteurs venaient me voir, voulaient me faire signer, j’aurais vraiment pu faire quelque chose dans le futsal. Je me suis fait les croisés à cause d’un accident de moto, après j’ai fait une mauvaise rééducation, je suis tombé en prison, etc. La dernière fois que j’ai joué, c’était il y a trois semaines en jorky. Au bout de 30 minutes, j’ai vomi partout.

"Comme Aouar moi j’pars de rien". Tu le connais, c’est bien ça ?

Aouar, c’est la famille. On n’est pas du même quartier, mais ça s’est fait naturellement : dès que j’ai sorti mes premières musiques, il a bien aimé, il a partagé et on a commencé à se parler. C’est vraiment quelqu’un de bien, d’exemplaire, qui a la dalle et qui sait où il veut aller. C’est déjà arrivé qu’il passe mes sons dans le vestiaire.

Il joue en espoir français, mais il a aussi la nationalité algérienne. Tu voudrais qu’il joue pour quel pays ?

Personnellement, en tant qu’Algérien, j’aimerais qu’il joue pour l’Algérie, le voir avec le maillot des Verts. Mais si pour lui c’est mieux d’aller en équipe de France, je respecterai son choix. Je le suivrais quoi qu’il arrive, on est ensemble.

Tu parles plus loin d’un "Coup de boule à la ZZ" ?

Référence à Zizou : le 9 juillet 2006, ça m’a marqué. 114e minute et 37 secondes je crois (rires). Jusqu’aujourd’hui, ça reste le meilleur Zizou. J’avais 12 ans à l’époque, mais ce ne sont pas mes premiers souvenirs. Mon plus vieux souvenir, c’est la Coupe du monde 2002 et le match d’ouverture France-Sénégal : j’ai raté l’école exprès pour le regarder et c’est le Sénégal qui gagne.

"C’est de la frappe tah Mark Landers…"

À l’époque, il y avait un shit qui s’appelait Mark Landers. Dans Olive & Tom, il faisait le tir du tigre, il avait une grosse frappe de malade. En sortant de l’école, je courais chez moi pour regarder "Midi les zouzous" et ça prenait un épisode pour traverser le stade…

Tu ne m’as pas parlé de la victoire de l’Algérie à la CAN, on imagine que tu as suivi pourtant ?

Frère, c’était un bordel : mon quartier s’est retourné. En plus, aux Minguettes, tous les gens se sont donné rendez-vous à l’arrêt du tramway où j’habite. Ce jour-là on était de mariage et on était bloqués. Il y avait des fumigènes partout et il y a eu au moins 13 cameramen qui tournaient des clips, des drones partout, mais ça fait plaisir.

C’est ta plus grosse joie devant du foot ?

Même pas, c’était la demi-finale : quand Mahrez a mis le coup franc dans les arrêts de jeu ! Dis-toi que j’avais misé 500 euros sur Mahrez buteur, côté à 4 : j’ai gagné 2 000 euros. L’Algérie gagne, tu gagnes des sous : tout le monde est content.

Tu as l’air d’être un gros parieur !

Je ne mise plus beaucoup, mais quand j’étais plus jeune, je jouais tous les jours. Je jouais même le championnat finlandais, je jetais mon argent. Maintenant, je n’ai plus trop le temps, je suis enfermé en studio toute la journée, je regarde juste les résultats et les buteurs. Le soir, quand je peux, je regarde les résumés, c’est tout.

Le 11 de rêve de L’Allemand spécial OL : Coupet – Reveillère, Cris, Denayer, Abidal – Juninho, Essien, Aouar - Malouda, Benzema, Ben Arfa

Par Roch Serpagli, publié le 25/10/2019

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