Jérôme Rothen et la Ligue des Champions : "La même adrénaline que je ressentais en tant que joueur"

Après l’avoir jouée avec Monaco, Jérôme Rothen commente désormais la Ligue des Champions des clubs français sur RMC Sport.

Depuis septembre, Jérôme Rothen est une des têtes d’affiche de RMC Sport. Pour cause : c’est lui qui commente les matches des clubs français en Ligue des Champions, une compétition que son groupe vient tout juste de récupérer. L’ancien joueur du PSG et de Monaco a pris le temps de nous raconter son nouveau quotidien et d’analyser l’état du foot français en Europe. On a aussi un peu parlé de ses qualités balle au pied. Forcément.

© Yann Audic / RMC Sport

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Football Stories ⎜ Alors, comment se passe cette nouvelle vie de commentateur de Ligue des Champions ?

Jérôme Rothen ⎜ C’est top. Quand j’ai décidé d’arrêter de jouer au foot, j’avais en tête de commencer à être dans les médias. J’ai commencé à Canal puis RTL. Au départ, tu as envie de t’occuper déjà, et voir si tu vas être bien ou pas, voir si ta voix va passer… Il y a tellement de choses : tu as beau bien analyser le foot, l’aimer, avoir fait une grande carrière ou une petite, tu n’es pas sûr que ça prenne. Si tu m’avais dit, en 2014, que je finirais par commenter les matches de la Ligue des Champions et par être une des têtes d’affiche de RMC, j’aurais signé tout de suite. Ce n’est que du plaisir et du bonheur.

Tu bosses plus maintenant que tu commentes ou…

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(Il nous coupe) Non. Je t’arrête tout de suite, non. Mon métier de consultant, ce n’est pas d’écouter toutes les analyses, car ça me perturbe plus qu’autre chose. Après, il y en a qui le font certainement. Mais par exemple, si je regardais tous les dimanches soirs le Canal Football Club pour faire notre émission du lundi soir avec Eric Di Meco, je pense que ça ne serait pas bon. J’évite d’écouter les briefs de matches et les débriefs, parce que ça t’emmène sur un chemin qui n’est pas forcément le tien. Même si tu ne te sens pas obligé, si tu entends quelque chose que tu trouves pas mal, tu vas essayer de trouver des arguments pour surenchérir. Ça, je ne le fais pas. Le seul boulot que je fais, et je l’ai toujours fait donc c’est pour ça que je te dis que ça ne change pas, c’est que je regarde tous les matches. Je regarde vraiment beaucoup de matches, je suis un petit peu un malade. À la télé, chez moi, c’est que des matches de foot, il n’y a rien d’autre, c’est pas plus mal avec toutes les conneries qu’il y a, tu vas me dire…

"Quand les commentateurs parlent trop, j’éteins le son, c’est chiant mais parfois il y en a qui me gavent."

Tu parlais d’autres émissions, est-ce que tu t’es quand même inspiré d’autres consultants pour commenter ou analyser ?

Dans la franchise, je me suis inspiré de Jean-Michel Larqué. Parce que déjà Jean-Michel, quand j’étais gamin, c’était la voix de l’Équipe de France, la voix des matches des Coupes d’Europe. Il a commenté les nôtres quand j’étais à Monaco, donc ça reste particulier. C’est vrai qu’il avait ce côté franc, même trop franc par moments (il sourit). Parfois, il était dur mais je trouve que c’est bien de se lâcher, de dire ce que tu ressens. Je me suis inspiré de ces mecs qui disent les choses et qui ne tournent pas le truc à leur façon pour enrober les choses.

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Après, je savais ce que je ne voulais pas faire, j’avais repéré des défauts chez certains, je ne vais pas te dire qui j’ai ciblé là-dessus, mais je voulais éviter de trop parler sur les commentaires d’un match. Moi le premier, si ça arrive quand je regarde, j’éteins le son, et je regarde le match sans commentaire, c’est chiant mais parfois il y en a qui me gavent. Et j’essaye de m’entourer de journalistes qui sont dans le même trip que moi, pas de journalistes qui sont là pour faire les beaux et faire leur show, et qui oublient même qu’il y a un consultant qui est là pour donner une analyse plus pointue, chacun son rôle. Voilà ce que je ne voulais pas faire, et ça tombe bien, on est sur la même longueur d’onde ici.

Ton premier match cette saison, c’était Liverpool- PSG (3-2), comment tu t’es senti et comment as-tu vécu ce match ?

En fait, pour tout te dire, j’ai ressenti les mêmes émotions et la même adrénaline que je ressentais sur les matches de Ligue des Champions en tant que joueur, donc ça c’est top. D’autant plus que c’est le PSG, et c’est particulier pour moi (il était sous contrat au PSG de 2004 à 2010). J’ai reçu un accueil incroyable du collectif ultra au bord du terrain, je suis presque allé avec eux dedans, donc tu te mets vraiment dans l’ambiance du match. Il y avait des enjeux forts aussi, parce que c’était le lancement de la chaîne en Ligue des Champions, donc forcément tu ressentais la pression en interne. Je pense qu’au fur et à mesure du match, on s’est lâché. On a été un peu déçus de la prestation des Parisiens, je ne vais pas te le cacher, mais c’était fabuleux à commenter avec cette ambiance.

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Tu as commenté le match de Lyon le lendemain face à City (victoire de Lyon 2-1), tu peux nous en parler un peu ? Tu n’avais pas imaginé ce scénario…

Non, pas du tout ! J’espérais que Lyon résiste déjà et ne prenne pas cinq buts, car mine de rien quand je commente un club français, je suis pour, et ça on ne peut pas me le reprocher. Tu ne peux pas être neutre. Moi, que ça soit Lyon, Monaco ou Paris cette année en Ligue des Champions, j’ai envie qu’ils gagnent, donc c’est plus agréable de commenter une bonne prestation d’une équipe française qu’une mauvaise. Et les émotions ont été incroyables parce que le match a été bien géré, et derrière tu te dis "est-ce que ça va tenir ou pas, est-ce que les choix de Genesio vont être bons, est-ce que le but de City ne va pas être perturbant pour tout le monde ?" et en fait non, je me suis franchement régalé, ce match était incroyable. Ils se sont surpassés, sublimés, ce qu’il faut en Ligue des Champions de toute façon. Et nous, aux commentaires, on a suivi parce que j’ai senti qu’on s’était transcendé, donc c’est bien, on a suivi ce que les joueurs ont fait sur le terrain.

Tu parlais de soutenir les clubs français en Europe, et si l’OM arrive en Ligue des Champions, tu y arriveras ?

J’y arriverai… (rires)

Ça ne te fera pas autant de frissons…

Oui, de toute façon, il n’y a pas beaucoup de clubs qui me feront plus de frissons que le PSG.

Même Monaco ?

Oui, Monaco ! (Il y a joué de 2002 à 2004) Parce que ce sont des clubs où on a partagé des choses énormes… Après quand tu passes de l’autre côté, et que tu te retrouves consultant, il faut être objectif, et il ne faut pas te forcer à faire quelque chose. Si demain tu me dis que je vais commenter un Marseille-Juve, et que je le sens pas, je ne vais pas y aller. Mais je peux y aller quand même, car ça me ferait plaisir d’aller commenter des gros matches, c’est le but de toute façon, il ne faut pas s’enfermer dans un personnage. Quand j’étais joueur, bien sûr qu’il y avait cette rivalité et c’était inconcevable pour moi de signer à Marseille, mais aujourd’hui même à Marseille, j’ai des potes. Il faut réussir à faire la part des choses.

Ce qui me sauve aujourd’hui, c’est qu’il y a Eric Di Meco chez RMC, et forcément, Marseille c’est pour lui, et ça me paraît logique de toute façon. Il connaît mieux, c’est sa ville, c’est son club. Il aura plus de facilités à faire passer des émotions que moi. J’en ai parlé avec Jean-Michel Larqué, j’ai eu la chance de bosser avec lui ici, il me disait que lui aussi au départ, avec Saint-Étienne à l’époque, il y avait la rivalité avec beaucoup d’équipes en France. Il a bien commenté Lyon, pourtant on voit la rivalité entre Sainté et l’OL… Et puis cette année je suis sauvé, Marseille n’est pas en Ligue des Champions.

"Je le sens bien pour Paris cette année…"

Tu la vois comment cette Ligue des Champions pour les clubs français ? Tu penses que Lyon peut passer ? (Interview réalisée avant Hoffenheim-Lyon 3-3)

Lyon peut passer. Ils se sont bien rattrapés avec ce match nul (2-2 face au Shakhtar, ndlr), ce n’est pas un bon résultat à la base, mais une défaite aurait été terrible. De toute façon, pour Lyon et Paris ça va être dur, même si Paris est parmi les favoris comme tous les ans, son groupe est compliqué. Mais ces deux équipes ont largement les moyens de passer… Ça serait terrible pour nous que Lyon, Monaco et Paris soient sortis et qu’on se tape de l’Europa League. Attention, je respecte l’Europa League, mais je préfère les matches de Ligue des Champions. Mais je le sens bien pour Paris cette année…

Pourtant, chaque année c’est compliqué pour le PSG, qu’est-ce qu’il lui manque selon toi ?

Du caractère.

Même pas un joueur, comme beaucoup le pensent ? Un 6 ?

(Il rit) C’est ça qui m’énerve ! Quand j’entends qu’il manque une sentinelle… Mais déjà la sentinelle, c’est le mot à la mode. Toutes les équipes jouent avec une sentinelle ? Non. Toutes les équipes qui ont gagné la Ligue des Champions n’ont pas toujours joué avec une sentinelle. Qu’est-ce qui fait la différence ? Le foot, c’est le physique, savoir courir longtemps à une forte intensité, et la technique. Quand tu prends tous les joueurs du PSG aujourd’hui, je pense que c’est pas mal à chaque poste. Après tu peux toujours améliorer, tu peux ramener Modric ou d’autres mecs… On avait un doute sur Bernat, mais moi je trouve que c’est un bon joueur. Défensivement il a quelques lacunes, mais il y aura un dispositif technique qui évoluera pendant la saison et c’est Tuchel qui en aura les clés. Je pense qu’il le fera évoluer pour mettre dans les meilleures situations les meilleurs joueurs qu’il a. C’est le rôle d’un entraîneur, ce qu’a jamais réussi à faire Emery, et peut-être que Tuchel réussira à le faire. Après, en plus de les mettre dans les meilleures dispositions, il faut ramener du caractère. J’étais très déçu du match du PSG contre Liverpool parce que déjà dans un premier temps, ils ont perdu au niveau mental, au niveau agressivité, et ça, en Ligue des Champions, ce n’est pas possible…

Par rapport à Lyon le lendemain, alors qu’on s’attendait à l’inverse…

Le jour et la nuit. Après, attention, c’est peut-être plus facile de préparer le match pour les Lyonnais qui se voyaient en prendre une bonne que pour Paris qui se voyait même supérieur à Liverpool. Le problème pour le PSG, c’est que tu replonges à Liverpool comme tu as plongé contre le Real Madrid en début d’année, comme à Barcelone l’année d’avant et comme tu as plongé les dernières années à Chelsea, ou à City, parce qu’il manque du caractère.

J’avais des gros doutes, mais sur la réaction, bon ce n’est que la Ligue 1 et l’Étoile Rouge de Belgrade, mais je trouve que c’est peut-être un mal pour un bien ce qu'il s’est passé à Anfield. Il y a peut-être des joueurs qui arriveront à se surpasser au niveau de leur caractère, et à amener ça à des joueurs qui l’ont moins. Je ne vais pas te dire que le rôle de Neymar, c’est d’aller tacler ou presser, Mbappé pareil. Bien sûr, tu peux leur reprocher de ne pas pas avoir fait assez d’efforts à Liverpool, et ils le savent. Je l’ai vu au niveau des stats, des distances parcourues, c’est pas possible que les trois attaquants de Paris aient couru neuf bornes, et que les trois attaquants adverses, qui n’étaient pas dans la forme de leur vie, aient couru plus de dix bornes. Les milieux de terrain pareil, ce jour-là ils n’ont pas assez couru.

Depuis, j’ai l’impression que Di Maria et Rabiot courent plus, que Neymar fait plus attention à son positionnement, que Mbappé fait quelques efforts. Il l’a fait en Équipe de France, donc je me dis que quand il joue côté droit, il est tout à fait capable de faire beaucoup plus d’effort. C’est le rapport avec l’entraîneur, ce qu’il n’a jamais fait avec Emery, qu’il aura peut-être avec Tuchel mais surtout ce qu’il a avec Deschamps. Moi je sais ce que la Dèche lui dit à Kylian : il lui bouge son cul. Sa grande phrase à Didier, c’est : "c’est bien d’attaquer à 200 km/h, mais moi je préfère que tu attaques à 180 et que tu fasses 40 dans l’autre sens, déjà ça aidera". Un Marquinhos, s’il est là au milieu aujourd’hui, c’est peut-être pour apporter un peu de grande gueule au milieu. Thiago Silva doit se forcer, mine de rien. Kimpembe, c’est bien qu’il joue car il a ce rôle-là. Si tout ça prend forme, avec Buffon et Areola dans les buts, moi franchement, j’ai envie d’y croire.

Il y a 14 ans, tu étais finaliste de la LDC, tu sens que la compétition en elle-même a changé ?

Non…

La pression est la même selon toi ?

Les générations ne sont pas les mêmes. C’est différent déjà avec les réseaux sociaux. Mais la médiatisation à l’époque était déjà énorme. Moi je me souviens des tours de Ligue des Champions en 2004, des demandes d’interviews la semaine avant un gros match, même en poule, on en avait 100 par joueurs. Il fallait trier, et plus tu passes les tours, plus ça devient énorme.

Après sur le sportif, depuis les années 2000, c’est le même schéma qu’on a connu, donc il n’y a pas eu d’évolution là-dessus. Après le foot évolue, te dire que c’est plus physique, moins technique, je ne sais pas, il y en a qui disent ça… Pour nous à l’époque, c’était déjà dur, et c’était incroyable de faire ça.

"Kylian Mbappé doit mettre 40 buts par saison"

Comme lui, tu es passé par Monaco et Paris… On va parler de Kylian Mbappé, tu en penses quoi de ce joueur ? Tu penses qu’on a tout vu de lui ou il peut encore nous surprendre ?

On n’a pas tout vu, non ! Déjà, il le fait depuis le début de l’année, et ça c’est bien : il est plus tueur, il marque plus de buts, le compteur tourne. Alors j’espère ne pas lui porter la guigne car c’est difficile, mais c’est un joueur qui doit mettre 40 buts par saison. Il en a les capacités, il dévore les espaces, techniquement il est bon, il joue avec des grands joueurs qui, on l’a vu dernièrement, le mettent en valeur… Il va continuer à exploser sans aucun doute, même si certains disent qu’il doit garder la tête sur les épaules. Ça va tellement vite pour lui que tout gérer c’est compliqué, donc bien sûr par moments tu as l’impression qu’il est sur une autre planète, mais ce n’est pas grave, c’est comme ça, c’est un joueur incroyable, il l’a montré. Maintenant, sa progression n’est pas finie, car son palmarès va bien se développer. Après, pour moi… (Il hésite) Ce n’est pas le meilleur joueur du monde.

C’est qui pour toi ?

Messi. Messi, ou Neymar par exemple, qui n’est pas dans la même catégorie encore car il n’est pas assez régulier par rapport à Messi, mais ces joueurs-là, c’est incroyable ce qu’ils peuvent faire sur un terrain. Messi, il n’y a aucune parade.

Ils n’ont pas les mêmes rôles non plus…

Non, c’est pour ça. Mais la technique en mouvement, la vista, ça ne s’apprend pas, c’est inné quoi.

Et tu ne penses pas que Mbappé peut encore développer ça ?

Non, car Kylian a besoin d’espaces, il a besoin encore des autres. Messi, ou même Neymar peut y arriver s’il fait gagner la Ligue des Champions à Paris, ce sont des joueurs pour qui il n’y a pas de parade pour les arrêter. Alors je ne te dis pas qu’il y en a beaucoup pour Kylian… Mais il a besoin d’espaces. C’est pour ça que je te disais qu’il va encore nous surprendre dans ses stats car je pense qu’il va marquer beaucoup de buts dans sa carrière, il va ressembler un peu à Cristiano Ronaldo. Ronaldo, c’est incroyable ce qu’il fait et c’est pour ça qu’il a autant de Ballons d’or de toute façon : il a eu beaucoup de boulot, il a travaillé, il n’était pas autant buteur au début. Kylian, c’est exactement pareil : il commence en plus sur un côté, il fait des trucs en mouvement, techniquement il va vite, je pense qu’il va finir dans l’axe, et plus proche du but, il en marquera plus. Mais ça ne sera jamais un joueur qui, face à des défenses regroupées, avec deux ou trois mecs sur le dos, s’en sortira. Il pourra s’en sortir par moments, mais Messi lui c’est tout le temps.

Et il y a une histoire de positionnement aussi comme tu le disais. Messi peut jouer attaquant, à droite, mais aussi milieu offensif, il va toucher plus de ballons que Kylian ne peut le faire. Neymar c’est pareil, il peut jouer sur un côté, moins numéro 9 mais numéro 10 comme il le fait, quand il est libre sur un terrain… Ils ont besoin de toucher le ballon, et dans les petits espaces ils sont incroyables. Moi qui ai joué au football au haut niveau c’est ce qu’il y a de plus dur à faire, de contrôler quand tu es entouré de deux ou trois mecs, c’est difficile déjà de faire une passe car ton champ de vision est fermé, et après il faut avoir la vista pour éliminer des mecs dans un petit espace. Eux, ils le font tout le temps. C’est pour ça que pour moi, Messi est le plus grand et Neymar est juste derrière. Mais ça ne veut pas dire que Kylian n’a pas cette qualité, mais il l’a moins que ces joueurs-là. Mais je lui souhaite un Ballon d’or un jour !

"Avec un effectif comme le PSG a aujourd’hui, je me serais régalé !"

Est-ce que le Rothen des années 2000 aurait sa place dans le PSG d’aujourd’hui ?

Tous les jours (Il rit) Tous les jours ! Franchement, tu veux que je te dise ? Je ne sais pas si j’aurais eu ma place, mais pour faire un petit rappel, quand je suis arrivé en 2004 au PSG, je sortais d’une finale de Ligue des Champions, j’étais meilleur passeur de la C1 à égalité avec mon ami de Porto, Deco, qui signe à Barcelone derrière. J’étais cité dans les 50 du Ballon d’or… J’avais un statut quand je suis arrivé ! Je ne te dis pas que j’étais le meilleur joueur du monde, mais sur cette année-là, j’étais très bien. Avec un effectif comme ils ont aujourd’hui, je me serais régalé ! Je n’avais pas les caractéristiques d’un Mbappé ou d’un Neymar, mais c’est un régal d’avoir trois attaquants comme ça, j’aurais adoré jouer avec. Après il faut toujours montrer sur le terrain, tu ne peux pas comparer les générations.

Il y a une équipe aujourd’hui dans laquelle tu aimerais évoluer ? Ou un coach sous qui tu aimerais jouer ?

Guardiola. Parce qu’à chaque fois qu’il prend une équipe, elle lui ressemble, et ça c’est la marque des grands coaches. J’en ai parlé à des joueurs qui l’ont ou l’ont eu, quand il te dit des choses à l’entraînement ou en séance vidéo, ça se traduit toujours en match. Forcément tu as l’impression que ce sont des magiciens. C’est ce qu’on disait de Didier Deschamps à Monaco, c’est pour ça que ça me fait rire toutes les critiques qu’il a pu avoir, parce que Didier, il sent les choses, c’est pas le même style que Guardiola, mais c’est la même trempe. Ce sont des entraîneurs, qui sont là et qui font gagner leur équipe, et qui les font jouer comme ils ont envie de les faire jouer.

On parlait des duos de commentateurs en début d’interview, tu formes un autre duo le soir dans l’After sur RMC avec Daniel Riolo… Tu pourrais commenter avec ?

Non !

Pourquoi ?

(Il rit) Parce qu’il est insupportable. Et parce que je pense qu’il ne sait pas commenter tout simplement, donc il ne m’apportera rien. Je suis cash mais je te le dis !

Mais vous jouez un jeu un peu, non ?

Ah non. En fait, on peut jouer un jeu, on peut ne pas être d’accord, mais il faut reconnaître ses erreurs par moments et Daniel a beaucoup de mal. Donc au bout d’un moment, c’est compliqué quand tu es en face. Quand on est l’antenne, on est à l’antenne, après en dehors c’est oublié, mais il y a des choses qui ne s’oublient pas, donc aller en déplacement avec lui, même pas en rêve.

Et avec Gilbert (Brisbois, qui présente l’After) ?

Oh Gilbert ça n’a rien à voir, mais Gilbert pareil, il ne sait pas commenter, il sait présenter mais pas commenter.

T’es blasé de faire l’After maintenant que tu commentes des matches de Coupe d’Europe ?

Non je ne suis pas blasé. Si j’ai signé à RMC, c’est aussi pour faire cette émission, parce que c’est du débrief, on a le temps de parler, d’analyser les choses, et surtout il y a une liberté d’expression. Même trop par moments, peut-être (il rit). Mais les gens aiment ça, et moi j’aime ça. Quand j’ai refait mon emploi du temps en début de saison, ma priorité c’était l’After.

Par Lucie Bacon, publié le 24/10/2018

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