Jazzy Bazz : "Les PSG-OM au Parc des Princes, c’était les meilleurs matches"

Ex-abonné du Parc des Princes, Jazzy Bazz met désormais sa ferveur au service du rap dans son premier album P-Town. Le Parisien ne garde que de bons souvenirs de cette époque qu’il relate dans l’hymne Ultra Parisien. Rencontre avec un passionné inconditionnel.

Dans Ultra Parisien, tu dis que tu es à fond dans le foot depuis le CP. C’est quoi tes premiers souvenirs ?

Mon tout premier souvenir, c’est quand j’avais 5 ans à la Coupe du Monde 94. Je ne la suivais pas spécialement mais en rentrant à la maison avec ma mère, on voit mon père abattu, dépité, à deux doigts de chialer. En fait c’est l’Italie qui avait perdu aux tirs au but. Vu qu’il est Italien, né là-bas, il était pour l’Italie. C’est mon premier souvenir de foot.

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Photo Henri Coutant

Photo Henri Coutant

Et après, quand as-tu commencé à regarder des matches ?

Après, on jouait beaucoup au foot. Je dis "dès le CP" parce qu’en général, à la récré, il y a ceux qui jouaient à la guerre et ceux qui jouaient au foot. Je faisais clairement partie de ceux qui jouaient au foot, tout le temps. À la Coupe du Monde 98, j’avais 8-9 ans et ça avait tout envahi. Le premier match que je suis allé voir, c’était Saint-Étienne contre le Red Star au Stade de France. C’était la première fois qu’il y avait autant de monde au Stade de France donc ça devait être avant le Mondial. (En réalité le match a eu lieu en mars 1999 et c’était la plus grosse affluence de l’histoire de la D2, ndlr). J’étais plutôt pour Saint-Étienne mais je m’en foutais un peu.

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"En 1998, j’étais pour le Brésil donc j’étais triste"

Si tu devais retenir une image de la Coupe du Monde 98, ce serait laquelle ?

Moi en finale, j’étais pour le Brésil donc j’étais triste. Quand t’es petit, tu t’en fous du côté patriote et cette équipe nous faisait rêver. Je me souviens de l’abattement de ma famille maternelle qui est argentine. J’avais un oncle et un cousin qui était venu d’Argentine pour se faire la Coupe du Monde. Ils étaient allés voir le match qui les a éliminés, contre les Pays-Bas, je ne sais plus où (au Vélodrome, ndlr). Ils sont rentrés abattus et dépités, c’était horrible. Et quand la France a gagné j’ai retourné ma veste (rires). Quand j’ai vu que tout le monde sortait faire la fête dans la rue, j’ai convaincu mon père de les rejoindre mais on est restés bloqués à Stalingrad tellement il y avait de voitures. Je me souviens de presque tous les matches. Cette Coupe du monde a lancé beaucoup de vocation.

Dans le morceau, tu parles du premier match que tu vas voir avec ton père au Parc. Tu te souviens de ce match ?

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C’est possible que ce soit un PSG-Bastia. Dans un premier temps, on a été voir 2-3 matches en tribune Paris et j’étais impressionné par les virages, j’avais les yeux écarquillés et je voulais déjà en être. En grandissant, j’ai voulu m’abonner. On s’est abonnés avec mon daron, mon petit frère, un pote et son daron. On était en tribune G (la tribune collée à Auteuil, ndlr). J’avais préparé mon coup parce que je parlais sur un forum avec un gars qui m’a motivé à le rejoindre parce qu’un groupe se formait. Direct, j’allais là où ça chante, ça pogote.

Ensuite, tu es devenu un membre actif ?

Je me suis carté avec les Authentiks. Toute la semaine, on faisait des permanences pour préparer le match du week-end, on nous autorisait à être dans les coursives. On était même devant le Parc parfois. Tout devait être fait main donc il y avait du taf. Mon premier déplacement, je crois que c’est quand Ronaldinho met son but extraordinaire à Guingamp. J’y avais été avec mon daron et je ne l’ai jamais vu aussi heureux que quand Ronaldinho met ce but. Au début les gars du groupe se sont demandés ce que je faisais avec mon père, ils croyaient que c’était pour me surveiller, mais ils ont compris que c’était un vrai supporter. Au bout d’un moment je me suis réabonné tout seul, quand mon daron a vu que ceux du groupe étaient des gars bien. C’était un délire cool, pas violent.

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"Un jour, à Gerland, après un but, la barrière de notre parcage a cédé tellement on foutait le bordel et on s’est retrouvés sur la pelouse"

C’est quoi ton meilleur souvenir en déplacement ?

J’adorais arriver dans un nouveau stade que je ne connaissais pas et quand on arrivait à se faire entendre. À Nantes, on avait gagné un match de Coupe de France aux tirs au but, c’était une belle ambiance. Un jour, au stade Gerland, après un but, la barrière de notre parcage a cédé tellement on foutait le bordel et on s’est retrouvés sur la pelouse. On s’est pris des coups de matraque pour vite y retourner. Et dans le car c’était n’importe quoi, c’était la colonie de vacances, les conducteurs deviennent fous, c’est l’enfer pour eux. Mais parfois on se liait d’amitié avec eux. Avec les groupes, on faisait souvent des tournois, c’était bonne ambiance. Le top en déplacement c’est quand tu arrives à te faire entendre plus que ceux d’en face. C’est pour ça qu’il faut comprendre que sans groupe ultra, il n’y a pas d’ambiance.

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C’est quoi ton meilleur souvenir au Parc ?

En terme d’ambiance c’est sûrement le match contre Chelsea qu’on perd 3-0. On leur avait mis une leçon aux supporters de Chelsea, c’était impressionnant. Le PSG-OM où on gagne 3-0 avec le doublé de Ronaldinho, c’était aussi un bon souvenir. Les PSG-OM, c’était les meilleurs matches. On arrivait au stade à 18h, les Marseillais pas longtemps après et ça partait en battle de chants pendant deux heures.

Toi-même tu as joué en club ?

J’ai fait des benjamins au moins de 18 dans le même club en tant que gardien. J’avais même fait le challenge Wanadoo à la mi-temps d’un match au Parc avec mon groupe de supporters qui m’encourageait. Mon modèle à mon poste, c’était Oliver Kahn, c’était le boss à l’époque. On aurait dit un personnage d’Olive & Tom. Quand j’ai fait de la détection pour commencer le foot, lors du premier match j’étais au cage et j’ai fait plein d’arrêts. Mais il s’est avéré que c’était un coup de chance et qu’en fait je n’étais pas bon du tout. Mais je me suis beaucoup entraîné pour progresser et acquérir les skills de gardien, j’ai fait 2-3 fois le stage Michel Hildago à Aix-en-Provence.

Eff Gee nous a dit que s’il était le capitaine de L’Entourage, Nekfeu serait le buteur-star. Toi tu serais quel joueur dans cette équipe du coup ?

Je suis le flemmard qui ne court pas trop sur le terrain mais quand il touche la balle, il fait un truc propre, comme Zlatan. Sinon sur un vrai terrain, en tant que joueur, je suis un casseur, je joue beaucoup physique.

"Je connais plein de gens qui ont croisé Lavezzi dans des soirées à Paris"

Quels joueurs du PSG représentent le mieux Paris à tes yeux ?

J’adorais Mamadou Sakho, très parisien et en plus formé au Paris FC. Quand il se lâche et qu’il chante "Marseille, Marseille, on t’enc…", c’est marrant. Ça te montre que c’est un gars qui calcule pas. Aujourd’hui je trouve que Blaise représente grave Paname, Rabiot aussi, c’est un vrai Panamien. Y’avait Chantôme aussi. Bizarrement, Lavezzi il représentait bien Paris. Je connais plein de gens qui l’ont croisé dans des soirées, tout comme Sirigu. Mais Blaise et Rabiot, on s’identifie à eux.

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Tu as un morceau qui s’appelle Joker. Quel est pour toi le meilleur joker que tu aies vu à Paris ?

En ce moment c’est Lucas. Quand il rentre, il fait la diff’. Il a sa place de titulaire mais il est encore un peu débile dans ses choix. Mais j’aime aussi ce côté foufou chez lui. Après y’a eu Ronaldinho puisqu’il était souvent remplaçant et qu’on devenait fou quand il rentrait sur le terrain.

"On s’ennuyait beaucoup au Parc à mon époque… enfin sur le terrain"

Tu as un autre morceau qui s’appelle Adrénaline. Quelle est la plus grosse montée d’adrénaline que tu as eu devant un match de foot ?

Récemment c’était le Chelsea-PSG de l’année dernière : c’était un scénario de fou. On était chez un pote et on est devenus dingues, c’est là que c’est beau le football. On s’ennuyait beaucoup au Parc à mon époque… enfin sur le terrain.

Tu supportes d’autres équipes ? On te voit souvent en tribune à Charlety pour soutenir le Paris FC …

Oui c’est un club que j’aimais bien quand j’étais petit. Mon petit frère qui était plus doué que moi y a joué. C’est un club un peu mythique et puis c’est un peu une réserve de talents pour le PSG. Bon c’est mal parti pour qu’il reste en L2 la saison prochaine. Par contre, il y a le Red Star qui joue la montée en L1. Si ça peut permettre aux ultras de montrer aux dirigeants parisiens c’est quoi les bails… Ça serait bien qu’il y ait un autre club parisien avec moins de stars mais plus d’ambiance. Quand je vais voir le Paris FC, je peux chanter, on ne me dit pas de m’asseoir, je vis vraiment le match. Je me sens acteur de la rencontre.

Toi qui a des origines argentines, tu supportes quel club là-bas ?

J’ai de la famille pour Boca, de la famille qui est pour le Racing et de la famille qui est pour River Plate. J’vais pas en choisir un en particulier mais j’ai un petit faible pour Boca, et son ambiance. La Bombonera est un stade que je trouve incroyable. Je n’ai pas encore eu la chance d’aller voir un match en Argentine mais la prochaine fois que j’y vais je me fais tous les stades. En Amérique du Sud, c’est tout le stade qui reprend les chants, c’est une vraie culture.

Pour finir, quel est ton 11 de rêve ?

11 DU JOUR_18_03_2016

Gardien : Oliver Kahn ou Chilavert comme ça il me met un coup franc dans le match, c’est chaud.

Arrière droit : Bernard Mendy pour son grand pont sur Roberto Carlos

Défenseurs centraux : Paolo Maldini comme ça c’est solide et Thiago Silva pour avoir un Parisien actuel malgré ce qu’il a pris contre Lyon.

Arrière gauche : Roberto Carlos ou Roberto Larcos pour les joueurs des anciens PES

Milieu défensif : Gattuso, c’était le rital qui s’en bat les c******

Milieux centre : Luis Figo, je kiffais bien et Verratti qui est beaucoup trop chaud. C’est mon joueur préféré du PSG aujourd’hui.

Attaque : Ronaldinho, le plus grand joueur de tous les temps pour moi, Pauleta pour me rappeler quand j’allais au stade et Michael Owen, parce que c’est golri et que ça n’a aucun sens comme attaque (rires).

Entraîneurs : Coach Vahid et Kombouaré

Par Roch Serpagli, publié le 18/03/2016

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