League of Legends #1 : George Best

Personne ne pouvait le stopper. Ni sur le terrain, ni en-dehors. Véritable rebelle, première rock star de l’histoire du football, George Best a marqué les amateurs du ballon rond pour son talent, ses frasques et son incroyable vie.  

George Best n’aurait pas pu naître à une autre époque. Il a grandi et s’est épanoui dans cette Angleterre des années 60’s qui célébrait le rock, l’art, la liberté. Ce joueur de foot n’était pas n’importe qui. C’était l’idole de Maradona. Pelé dit encore de lui que c’est le meilleur footballeur qu’il a vu évoluer. Les spécialistes admettent volontiers que c’est grâce à ce Nord-Irlandais que Manchester United devient champion de Premier League en 1965 et 1967. C’est toujours grâce à lui, évidemment bien aidé par l’autre attaquant star de l’époque, Bobby Charlton, que les Reds Devils deviennnent champions d’Europe en 1968. La même année, le natif de Belfast remporte le Ballon d’Or. En tout, George Best c’est 466 matches avec Manchester United pour 178 buts. Une légende, donc.

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Mais George Best était loin de n’être qu’un footballeur. C’était avant tout une pop star. La première du monde du football. Et même s’il préférait les Rolling Stone (on l’aperçoit d’ailleurs à la télé lors de l’un de leurs lives en 1965), le monde entier l’appelait “Le Cinquième Beatles”, pour sa coiffure et son attitude très rock, trop rock.

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De la boue sur l'arbitre, au lit pendant les matches

Car Best était avant tout un rebelle, un vrai. Il jette de la boue sur l’arbitre ou lui arrache le ballon des mains quand il n’est pas d’accord avec, il loupe des trains quand il s’agit de partir jouer à l’extérieur (en général pour rester au lit en bonne compagnie). Sur le terrain, il n’hésite pas à ne pas suivre les consignes du coach : en mars 1966, lors du quart de finale de Coupe d’Europe face à Benfica, Matt Busby avait dit à ses joueurs de plutôt garder la balle sans prendre de risques. Best n’écoute pas, dès les premières minutes dribble et transperce la défense adverse. Finalement, il marque un doublé et Manchester l’emporte 5 à 1.

C’est d’ailleurs ce soir-là que l’Europe entière découvre l’énorme talent de l’attaquant. Le lendemain, à la descente de l’avion, il arbore devant les journalistes un énorme sombrero, pour se cacher ou pour attirer l’attention, on ne sait pas vraiment, toujours est-il que la photo reste célèbre, et la légende est mondialement née.

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George-Best sombrero

Descente de l'avion, OKLM.

 

Mon rêve, c'était d'éviter la sortie du gardien, de m'arrêter juste avant la ligne de but, de me mettre à quatre pattes et de pousser le ballon de la tête dans le but. J'ai failli le faire contre Benfica en finale de la Coupe d'Europe 1968. J'avais dribblé le gardien mais, au dernier moment, je me suis dégonflé. J'ai eu peur que l'entraîneur fasse une crise cardiaque !

En dehors du terrain, Best vit comme véritable pop star : il tourne dans des pubs télévisées, pour de l’après-rasage, des saucisses ou des oeufs ! Il ouvre un magasin de fringues avec son pote Mike Summerbee, qui joue à Manchester City.

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BOUTIQUE GEORGE BEST

"J'lui ai dit que je suis dans le textile"

Il fait chaque soir ou presque la fête, dilapide son argent au casino, enchaîne les conquêtes. Chaque semaine à Old Trafford, le stade de Manchester United, il reçoit des milliers de lettres de groupies. Un soir, un supporter traverse la pelouse pour lui couper, en vain, une mèche de cheveux, comme s’il était une rock star.

Il quitte un mannequin, se retrouve avec Miss Monde

En 1977, il part à Los Angeles. Il se marie à Las Vegas avec un mannequin mais au bout de quelques mois, cette dernière, ne supportant pas ses excès, le renvoie en Angleterre où il séduit alors Miss Monde. Dix ans plus tard, le 1er album du groupe de rock indé The Wedding Present, sorti en 1987, porte son nom.

La relève ne sera jamais vraiment assurée. Aucun footballeur n’a eu une telle aura dans le monde du foot, une telle allure, une telle assurance. Si des nouveaux joueurs ont souvent été comparés à Best, aucun ne lui arrive vraiment à la cheville. Sauf un, selon lui : « Pendant des années, j'en ai vu défiler, des "nouveaux George Best". C'est la première fois que je prends ça pour un compliment. » Il parlait de Cristiano Ronaldo.

Pour aller + loin :

 

  • Un long documentaire en anglais sur George Best

  • La vie pop de George Best racontée par Vincent Duluc dans un livre merveilleux

Par Lucie Bacon, publié le 11/05/2015

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