Lancement de la nouvelle chaîne SFR SPORT 1. Photo by Eliot Blondet / ABACAPRESS.COM

François Pesenti, SFR Sport : "La priorité que j’ai donnée à mes équipes, c'est d’innover, de créer"

C'est avec un peu de retard et en s'excusant que François Pesenti nous appelle après avoir accepté de répondre à nos questions. On le comprend, lancer cinq chaînes après un été riche en sport n'est pas chose aisée.

Le directeur général de SFR Sport, qui officiait déjà pour RMC et BFM, nous a raconté le lancement des nouvelles chaînes et surtout des nouveaux concepts de SFR Sport, tout en louant les qualités de son équipe jeune et dynamique. Entretien. 

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Francois Pesenti en juin dernier (Photo Nicolas Gouhier)

Francois Pesenti en juin dernier (Photo Nicolas Gouhier)

Alors ce lancement, comment cela s’est passé ?

Très bien, on a vécu les lancements de deux chaînes en trois mois finalement : BFM Sport le 7 juin, juste avant l’Euro, et le 13 août celui de SFR Sport 1, une chaîne premium créée de A à Z pour héberger la Premier League et quelques autres affiches de grands championnats. Ça a été un été extrêmement studieux et dense pour nous, placé sous le signe du sport avec l'Euro et les JO. Il faut écrire une très belle page blanche et créer beaucoup de concepts. 

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On a encore une émission à lancer sur SFR Sport, on a commencé par lancer les grandes plages du week-end. Ce lundi 29 août on lancera 91ème minute, de 19h à 20h30, et lundi dernier on a lancé Le Vestiaire, qui sera diffusé tous les soirs de la semaine de 22h45 à 00h. 

Cette émission a-t-elle été créée pour concurrencer L’Équipe du Soir, sur l'Équipe 21 ? 

Non pas du tout, on crée une chaîne, on crée nos concepts. Il y a beaucoup de concurrents dans le payant, et évidemment ces horaires sont stratégiques à la télé, c'est l'access et la fin de soirée, on ne peut pas les réinventer. L'horaire du prime sera réservé à des matches, des rediffusions de matches ou des événements. 

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"On arrive avec beaucoup d’humilité dans un secteur ultra concurrentiel"

On arrive avec beaucoup d’humilité dans un secteur ultra concurrentiel, il y a énormément de chaînes et on ne peut donc pas se focaliser sur tel ou tel concurrent, on doit uniquement monter des programmes originaux de qualité. La priorité que j’ai donnée à mes équipes, c'est vraiment d’innover, de créer. 

On parle surtout de la Premier League, mais vous avez aussi d’autres programmes et d’autres championnats, pouvez-vous nous en parler ? 

Oui, on a essentiellement la Premier League, et c’est autour de ce championnat qu’on a voulu construire la chaîne. On a la chance d’avoir le plus grand championnat au monde, le plus important, donc notre challenge c’est de lui donner la plus belle exposition possible et de construire la chaîne autour de lui, avec une couverture à 100% mais aussi en abordant ses aspects culturels ou sociétaux. Il y a énormément d’histoires à raconter et cela représentera 80% de la chaîne. Le tout sera complété par d'autres droits premium comme le championnat portugais, dont les plus grosses affiches seront diffusées sur SFR Sport 1, le reste sur SFR Sport 2. 

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Frank Lebœuf, Emmanuel Petit et Eric Di Meco analysent la Premier League (SFR Sport)

Parmi les émissions aussi, il y a, comme vous nous le disiez, des nouveaux concepts que vous avez créés ? 

Oui, il y a deux quotidiennes du lundi au vendredi. On tenait à ce que SFR Sport 1 soit une vraie chaîne de télé, et pas un simple robinet à images. On souhaitait que les abonnés puissent profiter de nouveaux concepts. On ne peut pas se contenter de diffuser des événements, on doit nourrir la passion des fans au quotidien : il y a l’analyse, la préparation des matches, les conséquences des matches. On doit apporter des personnalités qui vont faire que le public va apprécier cette chaîne. 

Vous êtes allés chercher chez Canal+ Laurent Salvaudon, qui était rédacteur en chef de l'émission J+1, une émission à la ligne édito plutôt décalée, est-ce que c’est le ton que vous voulez donner à vos chaînes ?

J’ai choisi une équipe et un management jeunes et créatifs, et Laurent symbolise ça. L’enjeu numéro 1 pour nous c’est d’être différents, et c'est cet enjeu qui doit nous guider. L’idée n’est surtout pas de refaire ce que des concurrents mieux installés que nous feront mieux que nous. On essaye de monter une équipe de grande qualité avec des personnalités crédibles, avec des expériences et des palmarès forts et aussi avec des jeunes journalistes qui ont un gros potentiel et beaucoup d'énergie. C'est ce cocktail qu’on veut proposer, quelque chose qui soit pertinent, créatif et rafraîchissant.

Vous avez communiqué sur l’arrivée d’experts qu’on a l’habitude de voir un peu partout, pourtant vous allez proposer des nouveaux programmes avec d’autres experts qu’on connaît peu encore, Raphaël Cosmidis par exemple qui va parler de tactique, pourquoi ne pas plus les mettre en avant ?

Parce que quand vous communiquez sur une chaîne, ce sera plus Dugarry qui parlera au public que des gens qui ne sont pas encore connus. En revanche, on les expose à l’antenne, par exemple Julien Momont on lui confie les plages en direct du week-end. Avec Raphaël Cosmidis, ils font partie de toute une génération de journalistes qui pourront créer des choses. On a choisi des gens passionnés de foot qui ont des choses nouvelles à amener, ils sont extrêmement exposés sur la chaîne, c’est eux qui vont la faire et l’incarner. 

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Julien Momont, Salim Baungally, Emmanuel Petit et Frank Lebœuf au lancement de SFR Sport 1 (Photo Eliot Blondet)

On a décidé de faire la communication autour des grands noms qui sont aussi exposés, on ne se contente pas de les mettre sur l’affiche, ils sont à l’antenne de façon récurrente dans des concepts nouveaux comme Le Vestiaire, c’est totalement innovant, avec un ton dans lequel on ne les a jamais entendus : ils sont livrés à eux-mêmes, sans présentateur, avec du temps pour analyser l’actualité du foot à travers leur vécu.

Il y a beaucoup d'hommes à l'antenne, Emilie Broussouloux arrive, mais pourquoi dans l’ensemble si peu de femmes, pour présenter ou parmi les experts ?

Traditionnellement dans les rédactions de foot, il y a plus d’hommes que de femmes. Après aujourd’hui on a trois présentateurs attitrés, il y a deux garçons, Salim Baungally et Julien Momont, et une fille, Emilie Broussouloux, donc on n'est pas vraiment dans une grosse disproportion. En plus, il y a une voix-off, Sara Menai pour Le Vestiaire. Mais d'autres talents vont nous rejoindre quand la chaîne va se développer. 

Pourquoi justement seulement une voix féminine pour l’émission Le Vestiaire ? Pourquoi pas quelqu'un physiquement présent en plateau ?

On voulait avec Laurent (Salvaudon) privilégier le côté intimiste du vestiaire. Dans un vestiaire, il y a des joueurs et des coaches, mais pas de journalistes. Le journaliste arrive juste en surimpression pour relancer la discussion mais il doit les laisser tranquilles. Ça fait partie de l’originalité du concept, on vit dans une discussion intimiste, dans laquelle les intervenants oublient vite les micros et les caméras et les secrets de vestiaires, les anecdotes jaillissent. 

"Il n'y aucune volonté d’exclusivité de la part du groupe"

On n'est pas dans l'analyse à chaud mais dans le partage de vécu et d’histoires insolites. Lundi dernier, on a entendu des choses qui n’avaient jamais été dites. Leurs expériences sont une richesse énorme qui n'est pas exploitée à la télé, ils ont vécu toutes les situations avec leur club, l'Équipe de France, et ce vestiaire a pour but de faire émerger tout ce qu'il y a d'enfoui. 

Une des questions que se posent les gens, c’est comment vont-ils pouvoir accéder à vos chaînes. Les négociations avancent avec des distributeurs ? 

D'abord, les chaînes sont disponibles dans tous les bouquets SFR ou Numéricable sans supplément, et aussi sur les forfaits mobiles de plus de 20Go. Le groupe a la volonté que les chaînes soient diffusées partout à tous les Français, il n'y aucune volonté d’exclusivité, c’est très clair.

Ensuite il y a des discussions entres les distributeurs, qui ne sont pas simples car ce sont de grands enjeux, il y a beaucoup de paramètres, c'est un secteur en pleine révolution. SFR est un nouvel acteur que les distributeurs doivent accueillir, et c'est donc logique que ces discussions prennent du temps. Malheureusement toutes les discussions pour l'instant n’ont pas pu aboutir, mais on espère que ça va changer, on mettra tout en oeuvre pour que les foyers français aient accès à SFR Sport. 

Par Lucie Bacon, publié le 24/08/2016

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