Bienvenue dans le futur

On a testé Football Manager 2018, et on vous dit ce qu'on en a pensé

Novembre. Il fait moche, il fait froid, c’est la déprime : ça tombe bien, comme chaque année, c’est aussi le moment où sort Football Manager. Le remède idéal contre la sinistrose, qui vous permettra d’oublier le monde extérieur en remportant la C1 avec Lyon-Duchère.

Bon alors, avant toute chose, non, je n’ai pas (encore) remporté la Coupe aux Grandes Oreilles avec La Duchère. Pour la simple raison que le jeu n’est disponible en beta que depuis deux semaines, et que j’ai quand même un reste de vie qui subsiste à côté. Qu’importe, après une bonne centaine d’heures de jeu, il est désormais temps de lâcher le verdict sur cette fournée 2018 du meilleur jeu du monde, à savoir Football Manager. Après un épisode 2017 assez pauvre en vraies nouveautés, et déséquilibré sur pas mal de points, cette édition 2018 était attendue au tournant. Alors, simple mise à jour ou vraie refonte en profondeur qui légitime l’achat ?

Bienvenue dans le futur (© Football Manager) 

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Scout toujours

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Ne gardons pas le suspense plus longtemps : oui, SI Games s’est donné cette année pour garnir son bébé en nouveautés diverses. Ces grandes refontes qui changent une bonne partie de la façon de gérer le jeu. Ces innovations majeures sont au nombre de trois, à commencer par la première, qui refaçonne le cœur même du jeu : la recherche de joueurs.

Finis les milliards de rapports sur tous les jeunes joueurs du jeu. Désormais, tout est concentré au sein du Scouting Center, qui regroupe à la fois les rapports habituels de vos recruteurs, mais également les rapports commandés et les propositions d’agents. Pour les habitués de la licence, tout ça est un peu confus au départ, car les informations sont nombreuses, et l’interface un peu foireuse sur bien des plans (nous y reviendrons).

Ah tiens Martin Odegaard existe encore ! (© Football Manager) 

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Une fois habitué à sa prise en main pas évidente, ce Scouting Center change pas mal de choses. Vos recruteurs continueront de parcourir le monde à la recherche de talents, mais les critères de recherche sont désormais bien plus précis. Mieux encore, il est désormais impossible de scouter toute la base de données : chaque club possède un budget (ajustable) pour la production de rapports d’observations. Chaque rapport de scout coûte désormais de l’argent à votre club, et il faudra donc être plus tatillon sur les perles à observer, sous peine de tomber assez rapidement en rade dans les clubs les moins riches. Il devient alors beaucoup plus coûteux de scouter tous les jeunes d’un pays pour enrôler les meilleures perles. Pas plus mal pour le challenge.

"Jordan Ferri il m’a volé mon goûter"

Dans cette même optique d'augmentation de la difficulté apparaît la notion de dynamique de groupe, deuxième grande nouveauté de cette édition 2018. Les équipes de SI ont travaillé toute l’année pour fournir une vraie "simulation de vestiaire", avec des joueurs plus ou moins influents indépendamment de leur niveau sportif, et la construction progressive d’affinités entre les joueurs en fonction de leur âge, de leur temps passé au club, ou de leur nationalité. Un vestiaire heureux et soudé se ressentira sur le terrain.

Ferri, Fekir et Tonelli en patrons du vestiaire (© Football Manager) 

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Dans les faits, cela rend la gestion de l’équipe beaucoup plus fine et intelligente. Impossible désormais d’empiler les jeunes de tous horizons tout en espérant que la mayonnaise prenne immédiatement. Dans quasiment toutes les parties, on verra ainsi le LOSC s’écrouler en Ligue 1 à cause de son effectif trop jeune et trop cosmopolite. L’importance du leadership et de la cohésion de groupe est donc au cœur de ce Football Manager 2018, tout comme le soutien des joueurs à l’entraîneur. Si vous avez le malheur de contrarier un des leaders du groupe, tout le vestiaire pourra alors se retourner contre vous, et ainsi demander votre peau au conseil d’administration. Plus de réalisme pour plus de challenge : mission accomplie.

C’est la clavicule Thierry, il ne repartira pas

Troisième et dernière nouveauté notable de cette édition 2018 : le Centre Médical. L’un des grands reproches fait à Football Manager 2017 concernait la propension très élevée des joueurs à se blesser. Plutôt que d’éradiquer le problème, SI Games a préféré donner aux joueurs toutes les cartes pour mieux gérer la forme physique de ses joueurs. Ainsi, ce Centre Médical donne accès à une quantité incroyable de données, pour mieux gérer les pics de forme et les périodes de repos de ses éléments les plus fragiles.

Là par exemple ça sent l'avalanche de blessures, va falloir faire jouer la CFA (© Football Manager) 

En respectant à la lettre les recommandations de ses médecins, il est donc possible de réduire au maximum le nombre de blessures dans son effectif. Cette nouvelle source d’informations force le turnover, et permet également de mieux analyser les causes des blessures récurrentes. Un joueur ayant subi une rupture des ligaments dans sa carrière sera donc toujours considéré comme "à risque". Prendrez-vous le risque de lui faire enchaîner les matches malgré les recommandations des médecins, ou jouerez-vous la prudence ? Libre à vous, mais vous ne pourrez plus dire que vous n’étiez pas prévenu.

Et le reste ?

À côté de ces trois grandes nouveautés, Football Manager 2018 offre également une petite quantité d’ajouts plus ou moins inutiles. Les fameux-coming out de regens, qui ont fait le tour des médias dans le monde, sont les bienvenus, mais n’en restent pas moins anecdotiques. Pour le reste, difficile de sentir une vraie différence dans la plupart des domaines. Les joueurs acharnés retrouveront les mêmes conférences de presse et les mêmes rôles, à quelques ajouts près (Carillero et Mezzala au milieu de terrain, notamment).

Malgré une promesse de nouveauté, le "Fil réseaux sociaux" présente toujours aussi peu d’intérêt, et globalement, l’impression de déjà-vu est toujours là pour beaucoup d’éléments. La gestion de l’entraînement n’a pas bougé d’un pouce, tout comme les demandes aux dirigeants (mêmes requêtes, mêmes réponses à la virgule près), et le Match Engine, s’il se bonifie très légèrement d’année en année, reste assez austère dans l’absolu. Le nouveau briefing tactique pré-match n’a absolument aucun intérêt (conseil : faites comme Laurent Blanc et donnez-le à l’adjoint) et les causeries sont toujours répétitives.

Bon en fait si y a quand même quelques rares nouveautés sur les conférences, mais c'est léger (© Football Manager) 

Tout cela n’est pas dramatique dans l’absolu, puisque l’univers du jeu reste toujours très immersif, on est toujours content de retrouver ses marques rapidement. Cela étant dit, une refonte globale du système de conférence de presse ne ferait pas de mal. Cela fait maintenant des années que les questions sont les mêmes ("Je suis confiant tant que l’on s’en tient à mon plan"), et les effets ne sont pas vraiment perceptibles. Pour le 2019, qui sait ?

L’interface, au secours

Cette édition 2018 n’a donc pas de réelle faiblesse en ce qui concerne le contenu ou les nouveautés, qui apportent un vrai plus dans la gestion de son équipe. Malheureusement, Football Manager 2018 a un immense défaut : son interface.

Difficile de comprendre ce qui est passé par la tête des designers lorsqu’ils ont reconstruit le système de causeries. Les onglets d’informations pendant les matches ont également subi un lifting, et il est désormais beaucoup plus compliqué de changer sa tactique ou d’analyser les performances de ses joueurs en plein match. Même chose pour le centre de Scouting où l’écran est à la fois surchargé d’infos par endroits et vide par ailleurs. Certains écrans relèvent du grotesque, à l’image du screenshot ci-dessous : pourquoi toutes les informations clés du match sont tassées dans un tout petit espace au milieu de l’écran alors qu’il y a une tonne de place pour étendre l’affichage ?

Eh ouais les petits gars, mené 2-0 à la mi-temps et victoire 3-2 à 10 contre 11, vous allez dire quoi ? (© Football Manager) 

De manière générale, ce Football Manager 2018 souffre d’un gros problème de lisibilité globale, problème qui sera réglé par l’arrivée de skins réalisés par la communauté, mais qui reste d’autant plus incompréhensible que l’édition 2017 brillait par sa clarté et sa facilité d’utilisation. Les principaux retours négatifs de la communauté se concentrent d’ailleurs autour de cette ergonomie défaillante. Football Manager n’est pas un jeu réputé pour sa simplicité, dommage que son interface ajoute une couche en plus à surmonter pour les néophytes.

Mais du coup, on achète ou pas ?

Bah oui, quand même, on achète. Parce que comme chaque année, le travail sur la base de données est absolument incroyable, et qu’il n’existe aujourd’hui aucun jeu de gestion aussi immersif, et aussi riche. Football Manager 2018 fait honneur à sa lignée et propose une expérience toujours plus profonde et addictive. Là où les nouveautés de l’édition 2017 étaient quasiment toutes anecdotiques, ce nouvel opus amène son lot de changements notables et bienvenus. Certes, l’interface pose souci et demande un vrai temps d’adaptation, mais une fois lancé, bon courage pour lâcher le jeu.

Champion mon frère (© Football Manager) 

Par Serious Charly, publié le 09/11/2017

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