Et si la réforme des retraites profitait… aux clubs de foot ?

Les clubs de football seraient-ils les grands gagnants de la réforme des retraites ? C’est ce que suggère un rapport de l’IPS.

Un demi-million d’euros par an d’économie pour les clubs de football professionnels : c’est le résultat inattendu d’un rapport de l’Institut de la Protection Sociale (IPS), qui se penche sur les conséquences de la réforme des retraites prévue par le gouvernement. 

Dans le futur régime universel prévu par le gouvernement, tout le monde cotisera au même taux : 28,12 % jusqu’au plafond de 120 000 euros brut annuel. Pour ceux qui dépasseront ce plafond, ils devront épargner pour arrondir leur pension de retraite, mais également payer une cotisation de 2,81 % qui financera des mesures de solidarité. 

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Dans un rapport publié dans Le Figaro, l’Institut de Protection Sociale révèle qu’en raison de la particularité de leurs contrats, les footballeurs professionnels mais surtout leurs clubs seront avantagés par la réforme des retraites. Avec un salaire moyen de 73 000 euros brut mensuel, les footballeurs sont largement au-dessus des plafonds prévus par la réforme. De plus, leurs contrats sont en "net-net" : les clubs prennent en charge les charges sociales (salariales et patronales) et d’impôts pour que les joueurs perçoivent leur salaire en net selon une somme convenue. Avec la réforme prévue par le gouvernement, ce sont les clubs professionnels qui feront l’économie des charges obligatoires qui dépassent le plafond : cela représente entre 150 000 et 500 000 euros par an et par club. 

Une baisse des cotisations… et une baisse de la solidarité 

Depuis 2019, les clubs de football doivent payer les cotisations de retraite complémentaires de leurs joueurs : des charges élevées pour des équipes d’une dizaine de joueurs, souvent étalées sur plusieurs années. Cependant, la nouvelle règle de calcul des cotisations retraites prévues par la réforme abaisse les cotisations pour les salaires inférieurs à 9 720 000 euros par an, ce qui concerne la majorité des joueurs professionnels. 

Une baisse des cotisations signifie également une baisse des cotisations consacrées aux dépenses de solidarité. Une économie d’un demi-million par an qui procurera pour les clubs une sorte de subvention sur leur masse salariale. Si les footballeurs professionnels ne représentent pas l’ensemble de la population, c’est un bon moyen de montrer que "la réforme telle qu’annoncée par Édouard Philippe n’est pas solidaire" commente Bruno Chrétien, président de l’IPS.

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"En décembre, le Premier ministre avait fait un discours dans lequel il déclarait que la réforme des retraites serait solidaire : nous avons voulu vérifier ce point", explique Bruno Chrétien, qui a pris l’exemple des footballeurs professionnels pour les grosses rémunérations. La conclusion de ce rapport est simple : plus la rémunération augmente, moins on paye de cotisation… et donc moins la cotisation est solidaire. Et ceci qu’on soit le PSG… ou patron d’une multinationale.

Par Pauline Ferrari, publié le 15/01/2020

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