L'épopée des filles de Reims, pionnières du foot féminin, est racontée au cinéma dans le film "Comme des garçons"

Le 25 avril sortira en salle le film Comme des garçons, qui raconte la genèse du foot féminin en France. 

Reims, 1968. Comme chaque année, une petite kermesse locale est organisée en ville et c'est Paul Coutard, journaliste sportif, qui est chargé de réfléchir à l'animation principale. Il décide alors d'organiser un match de foot féminin, une première en France, et ne sait pas encore qu'il va révolutionner le monde du ballon rond. 

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À la suite de cette kermesse, ces jeunes femmes vont parcourir la France afin d'y disputer des matches, jusqu'à, non sans mal, devenir la section féminine du Stade de Reims en 1969. Elles feront ensuite le tour du monde, avant d'intégrer la première édition de la D1 féminine, créée en 1974. Ces pionnières, méconnues en France, Julien Hallard a décidé de leur rendre hommage à travers son premier film, Comme des garçons. Max Boublil et Vanessa Guide, héros du film, nous ont reçus afin de nous parler de cette comédie sociale autour du ballon rond. 

Football Stories | Avant de tourner ce film, étiez-vous des grands fans de foot ?

Max Boublil | Je regarde tous les matches des Coupes du Monde ou des Euros. Mais je ne supporte pas d'équipe. Je me tiens au courant des scores, mais je ne suis pas un énorme fan.

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Vanessa Guide | Pour être honnête, je n'aimais pas du tout le foot avant le tournage du film. J'avais même une aversion pour ce sport. Mais j'ai tellement dû être en immersion pour mon personnage que je me suis mise à le pratiquer, et en m'entraînant je me suis mise à comprendre les règles et à réaliser la difficulté de ce sport. Il y a des vraies virtuoses balle au pied, et c'est ça que j'aime. 

Avant de se pencher sur le film, quel est votre regard sur le foot féminin ?

Max Boublil | Le peu de matches que j'ai vus, ça joue très bien : je suis assez admiratif du foot féminin. Je ne vois pas de différences avec le foot masculin et je pense que ça sera bientôt autant regardé à la télévision. Je sais que l'an prochain, le foot féminin sera diffusé en prime sur TF1 pendant la Coupe du Monde organisée en France. C'est vraiment une excellente nouvelle. 

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Vanessa Guide | Je suis déjà dans le futur : j'aimerais qu'il y ait des équipes mixtes. Je pense que ce n'est pas près d'arriver, et c'est peut-être mieux comme ça, mais pour moi il n'y a pas vraiment de différences dans le jeu. Il y a de très bonnes joueuses dans le foot féminin aussi. 

Voyez-vous Comme des garçons comme un film de foot, ou plutôt de société ?

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Max Boublil | C'est avant tout une histoire vraie. C'est le récit de la création de la première équipe féminine, et je vois surtout ça comme une comédie socialo-romantique. Ce n'est pas un film de foot, parce que les scènes où l'on voit un ballon, si tu les mets bout à bout, tu dois avoir 10-15 minutes au maximum.

En fait, c'est un film qui parle de foot, mais dans une coquille de comédie romantique et sociale. Et c'est surtout à but éducatif. Par exemple, quand on rencontre des joueuses de foot professionnelles dans chaque ville où l'on va présenter le film, la plupart ne connaissent pas l'histoire des filles de Reims ! C'est fou, parce que c'est pourtant elles qui ont forgé le sport qu'elles pratiquent au quotidien. 

Vous avez d'ailleurs présenté votre film devant ces fameuses filles de Reims. Quels ont été leurs ressentis ?

Vanessa Guide | Elles étaient émues, mais elles sont très réservées. Elles ne nous ont pas fait des grandes tapes dans le dos, mais elles nous ont remerciés, en nous disant qu'elles avaient passé un très bon moment. Après, elles ont aussi des retours critiques en nous disant tout ce qui n'est pas réaliste dans le film, et on leur explique que ce n'est pas un documentaire. Mais globalement, elles sont touchées qu'on raconte leur histoire. 

Max Boublil | Ce qui me marque le plus, ce sont les autres joueuses que l'on a rencontrées. Au début, elles arrivent avec un air pas très sympa. Elles sont un peu méfiantes. Elles ont peur qu'on utilise leur sport pour faire du buzz. Et puis, petit à petit, elles se dérident et commencent à rire. On sent vraiment que le problème du foot féminin en France n'est pas réglé, et qu'elles sont dans une lutte permanente. 

Au fond, ce film n'a-t-il pas vocation à faire passer un message qui dépasse le cadre du foot ?

Max Boublil | Oui. Il a vocation à faire passer un message sur la place des femmes. Il y a beaucoup d'exemples de l'époque dans le film, comme le médecin qui disait aux joueuses que ce n'était pas bon pour leur santé, ou encore le fait de devoir demander la permission à leur mari de jouer au foot... 

Vanessa Guide | ... ou encore de dire que la place de la femme était dans la cuisine. Aujourd'hui si tu dis ça, tu te prends un coup de talon dans la gueule. Mais il faut se dire que tout ça a eu lieu il n'y a même pas 50 ans, et qu'on n'est pas encore totalement sortis de ce genre de clichés... 

Par Julien Choquet, publié le 24/04/2018

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