Benab : "Cristiano, Benzema, Zizou, c’était une bonne recette"

S'il a appelé son premier album "Dracarys", Benab est au moins autant mordu de foot que de Game of Thrones...

Si le classement des centres de formation en France a changé récemment, dans le rap il n’y a aucun doute : la plus grosse pépinière de talents est domiciliée dans le 93, à Sevran. Benab est le dernier de l’écurie à avoir sorti son premier album et partage avec les autres Sevranais un amour pour le foot qui l’a mené à devenir professionnel du futsal et être un grand amoureux du beau jeu… 

©️ "Sevrania" / YouTube

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Football Stories | Ta seule référence au foot dans "Dracarys" est "J’ai pas percé dans l’foot, mais j’ai l’Sept à mes côtés". Tu peux nous raconter ton parcours dans le foot ?

Benab | Depuis que je suis petit, je joue au foot. J’ai toujours joué arrière droit au foot à 11 parce que j’aimais bien courir. Après je suis passé au futsal. J’ai commencé à 17 ans, j’étais le plus jeune de mon équipe : j’ai joué professionnel en D2 au Paris Métropole à Saint-Ouen. Je jouais juste pour le plaisir. J’aurais préféré percer dans le foot à 11 comme tout le monde, mais je n’ai pas réussi.

Mais le futsal professionnel, ça paye un peu ?

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Justement, j’ai arrêté parce qu’on ne me payait plus, et à cette époque-là, c’était dur. Quand tu es en D1 tu es payé à peu près 2 000 balles par mois, après il y a les primes de matches, de buts, etc. Mais en D2, ce n’était pas très bien payé.

Tu joues encore ?

Ouais, des five entre potes. D’ailleurs, j’en ai fait un hier, j’ai des courbatures. Je joue pour entretenir mon cardio et mon physique. Et je kiffe toujours.

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Tu avais une idole quand tu étais plus jeune ?

C’est comme dans la musique, je m’inspirais de tous les bons joueurs, j’analysais de ouf. Je regardais des vidéos d’une chaîne qui s’appelle Viva Futbol pour m’inspirer. Après, j’essayais de refaire les gestes à la maison. Ma mère me crevait mes ballons parce que je cassais tout, surtout ses pots de fleurs qu’elle adorait.

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Et en tant que spectateur, c’est quoi tes souvenirs ?

J’ai été invité deux fois à aller au stade. Il y avait France-Australie (6-0 en 2013, NDLR) au Parc des Princes, ce qui tombait bien parce que je kiffais le PSG. Et le deuxième match, c’était la Juventus. C’est Adidas qui avait organisé ça après qu’on a gagné la Tango League France et Europe. Ils nous ont offert ce voyage à Turin pour voir un match de championnat, c’était magnifique. Sinon, mes plus grands moments, c’est la CAN de cette année et la Coupe du monde 2006 de Zizou. Même le coup de boule fait partie de l’histoire : s’il était resté jusqu’à la fin, la France aurait gagné.

Tu dis que tu kiffais le PSG, ça veut dire que ce n’est plus le cas aujourd’hui ?

Le PSG reste dans mon cœur parce que je suis quand même un mec de Paname. Ils m’ont trop déçu, mais ce n’est pas que le PSG, c’est tout le foot. Les nouvelles règles me dégoûtent, on dirait le foot du futur. Ils ont instauré le VAR, je trouve ça bidon. Avant, c’était naturel, c’était beau même s’il y avait des petites erreurs, ça faisait partie du foot.

Tes moments préférés de supporter du PSG, c’est quoi ?

La meilleure époque pour moi, c’est celle de Zlatan. Chaque personne respectait son poste, se respectait et respectait le public surtout. Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’ils jouent uniquement pour leur paye, faire leur star, dribbler n’importe où. J’ai l’impression que c’est chacun pour sa gueule.

Tu aimes aussi le Real Madrid, il me semble ?

Ouais, ils sont un peu éteints en ce moment en Champions League. Je crois que c’est le départ de Cristiano qui a fait ça. Cristiano, Benzema, Zizou, c’était une bonne recette. J’étais un peu jeune pour les Galactiques, mais j’aime leur histoire, leur maillot, c’est au-delà du football, c’est vraiment la classe. J’aime le beau jeu : si demain le Barça bat le Real en jouant mieux, je leur dirai bravo.

Du coup, les équipes qui bétonnent, tu détestes ?

Non, ce n’est pas moche, c’est une stratégie. Quand t’es supporter, tu veux des dribbles, des buts. Mais je respecte les joueurs qui se tiennent aux stratégies. Il faut le vivre sur le terrain pour voir que ce n’est pas facile de se tenir aux règles de l’entraîneur.

Tu prends quand même plaisir à regarder des matches ?

Oui, quand même. Avant, je suivais vraiment tout pour savoir qui allait être champion, remporter la Ligue des champions, etc. Aujourd’hui, je ne regarde que pour la beauté du foot. Je regarde les gros matches, tous ceux de la France et l’Algérie.

Justement, l’Algérie, tu as forcément des souvenirs de cette CAN ?

Ouais, le but de Mahrez dans les arrêts de jeu en demi-finale. Je suis content de l’avoir vécu dans ma vie. Je regardais les matches avec les potes ou en studio, en même temps que je bossais. Le soir de la victoire, j’ai juste baroudé en voiture. J’essayais de trouver des toplines pour des sons, et en conduisant je voyais les gens fêter alors parfois je lâchais des petits coups de klaxon.

Dans ton freestyle pour Rapunchline, tu dis "Je vais tacler le me-ga à la Benatia". J’ai l’impression que seuls les rappeurs sont fans de Benatia

Non, les Marocains parlent beaucoup de lui. Benatia, c’est un défenseur de grande classe. J’ai regardé pas mal de ses matches, c’est pour ça que je l’ai mis dans mon son et aussi parce que je le connais personnellement, via la musique. Il m’a sollicité sur les réseaux, il mettait mes sons, même sans me mentionner et ça me faisait plaisir.

Dans l’album, tu fais peu de punchlines en rapport avec le foot, pourquoi ?

Je compte faire un morceau spécial sur le foot. Je préfère garder mes punchlines pour ce son-là. Je ne sais même pas si ce son sortira, peut-être juste en single.

Seven (son manager) | Il l’a déjà fait !

Non mais il était éclaté, wesh ! Je vais le supprimer, il sert à rien, c’était pour m’entraîner, sur une prod type Tyga, mais c’était un délire.

Tu pourrais comparer ton duo avec Bersa, ton beatmaker, avec un duo de joueurs ?

Ça pourrait être Benzema et Cristiano, mais je vais dire Iniesta-Messi, en plus Bersa kiffe le Barça (Bersa acquiesce, NDLR). Bersa me fait les passes dé’ et je n’ai plus qu’à marquer.

Le onze de rêve de Benab spécial PSG/Real : Sirigu – Aurier, Thiago Silva, Sergio Ramos, Marcelo – Zidane, Lucas, Di Maria, Ronaldinho – Ibrahimovic, Benzema

"Sirigu pour le fun, la défense centrale ça ne passe pas, Aurier pour Sevran et pas Cristiano parce que ça ne collera pas avec Zlatan."

Par Roch Serpagli, publié le 11/10/2019

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