Arsène Wenger a répondu à vos tweets : "Maintenant, il faut finir le travail !"

Ça y est, la France est en finale de son Euro. Après avoir battu l'Allemagne, les Bleus affrontent le Portugal dimanche soir pour décrocher le titre tant désiré. Afin de mieux comprendre ce qui nous attend, et de revenir sur la demi-finale, Arsène Wenger a une nouvelle fois répondu à vos tweets. 

Publicité

"Si, en tribune de presse, ils parlent au lieu de regarder le match, c’est dingue oui (rires). C’est vrai qu’il y avait une ambiance d’enfer jeudi soir. Déjà vers le Prado, tu ne pouvais même pas passer en voiture tellement il y avait de monde. Comme je le pensais, c’est après le quart de finale que la ferveur a décollé. D'ici à dimanche ça va être de merveilleux moments, et j’espère qu'on aura un vrai feu d’artifice après la finale.

Après le match, Evra a déclaré : "C'est incroyable, cette atmosphère. Elle n'est pas comme ça au Stade de France, c'est dommage." Vous rejoignez son opinion ?

Publicité

Il a raison là-dessus. Le Stade de France n’est pas un stade à ambiance comparativement au Vélodrome. Marseille a réussi à créer une atmosphère formidable avec le nouveau Vélodrome. Le Stade de France c'est différent : c’est un stade d’athlétisme reconverti en stade de foot. Dimanche ça sera un véritable test pour ce public, parce que sur les dernières années c'est vrai qu'il n'y avait pas de quoi s’enthousiasmer sur le spectacle ou sur le résultat. Je pense, et j'espère, que ça sera différent."

Publicité

"Je pense que toute l’équipe hier a travaillé avec une solidarité totale. C’était le seul moyen de se sortir de la maîtrise collective des Allemands. En première période, on a énormément souffert par rapport à la possession. L'Allemagne avait un jeu extrêment intelligent, très sûr, techniquement de grande qualité avec deux maîtres à la baguette qui étaient Özil et Kroos. Il n’y avait qu’une seule solution, c’était de tous défendre. Et c’est vrai que Payet ce n’est pas son point fort et il n’a pas le moteur pour le faire pendant 90 minutes.

On l’a senti un peu en dedans hier... 

Publicité

Oui, mais il s’est sacrifié pour l’équipe, pour la bonne cause. Le but ce n’est pas que Payet soit brillant, c’est que l’Équipe de France gagne. Et pour cela, si Payet doit de temps en temps jouer contre nature, il faut le faire."

"Je trouve que le pénalty a été sévère. Depuis le stade, je ne l’ai pas vu du tout et même ensuite au ralenti à la télévision, il n’est pas évident. C’est un fait de jeu qui a pénalisé l’Allemagne hier. Mais malgré tout, je trouve que les Allemands en deuxième période ont manqué de conviction, de révolte. Autant ils m’ont séduit en première période, autant derrière ils ont montré que mentalement ils avaient perdu quelque chose par rapport à la Coupe du monde.

On sentait que la France allait gagner, et qu’elle en voulait plus que l’Allemagne. Au bout d'une heure de jeu, je me suis dit : 'Mes amis, vous allez passer à la trappe'. On avait d’un côté des lions affamés et de l’autre côté des lions un peu plus repus."

"Je trouve que Didier fait un travail formidable. Je ne crois pas trop en la chance. Il est passé par des moments plus difficiles, et il a su faire une équipe. Ce n’est pas facile, ça ne se fait pas sur un claquement de doigts. Et je crois que la chance est la conséquence la qualité du travail. Je lui souhaite de bien finir le boulot maintenant."

"Il a raison. Griezmann pour moi est l'un des candidats au Ballon d’Or. En Espagne, il n’est pas loin de Ronaldo et Messi. L’âge joue pour lui et l’Euro aussi : six buts, trois ou quatre passes décisives, ce n'est pas n’importe quoi comme stats.

Cette année il est allé en finale de C1 en marquant dans tous les grands matches, sans oublier qu'il a planté 22 buts en Espagne, donc oui pourquoi pas le Ballon d’Or."

"Évidemment, comme Platini et Cristiano Ronaldo sont les meilleurs avec 9 buts. Mais nous on aimerait bien qu’il égale Platini qui a mis 9 buts en un seul Euro. C’est aussi pour ça que je ne comprends pas trop la comparaison entre Platini et Cristiano Ronaldo. L'un a mis tous ses buts en un Euro, l'autre en quatre. C'est tellement différent."

"Le foot est fait d’opinions, et il ne faut surtout pas avoir honte de se tromper. La preuve ça fait 40 ans que je suis dans le foot et je me trompe encore (rires). C’est vrai que Sissoko a été remarquable. On pouvait se poser la question avant le match : est-ce que Kanté rentrera dans le onze ? Didier a opté pour la formule de la stabilité puisque l’équipe avait gagné de façon convaincante et il a eu raison pour Umtiti et pour Sissoko."

"Il a soulevé des questions après le premier match, avec des domaines où il n’avait pas été convaincant. Au final, ce match contre l’Islande et le fait que Didier lui refasse confiance, ça l’a complètement libéré. Hier soir il a joué a son vrai niveau et c’est vraiment prometteur pour la suite."

"Ce qu’on peut dire d’Evra, c’est que c’est un gagneur hors-pair. Son palmarès en club mérite un respect énorme. De l’extérieur, j’ai l’impression qu’il est vraiment aimé par ses coéquipiers. Il joue un rôle modérateur quand ses partenaires s’enflamment, il aide à la concentration sur le prochain objectif.

La tache sur le dossier d’Evra, c’était Knysna. Il était capitaine à l’époque et personne ne sait ce qu’il s’est passé, même moi qui suit dans le milieu. C’est ça qui lui a été reproché pendant plusieurs années. Il a parfois été excessif dans ses déclarations mais sur le terrain c’est un gagneur. Aujourd’hui ce groupe a besoin de lui.

Si Lloris a le brassard, est-ce que ce n'est pas lui le capitaine officieux de cette Équipe de France ?

Oui oui, je crois. Evra a un peu plus de poids dans le vestiaire parce qu’il est plus âgé et plus extraverti, mais les deux se complètent bien. Déjà à l’échauffement, le gardien est à part. C’est là qu’on voit qu’Evra joue le rôle du capitaine en second avec le reste du groupe.

Mais Lloris a évolué dans sa façon de gérer le capitanat. Il ne demande rien mais il grandit avec sa fonction. Il représente bien l’équipe, il a la classe. Je l’ai toujours énormément aimé, parce que je trouve qu’il a une bonne combinaison de talent, d’humilité et de courage. C'est sa qualité première : il est extrêmement courageux."

"C’est une bonne remarque. On a laissé tellement d’énergie hier, l’Allemagne représentait un obstacle tellement important, que derrière on peut avoir tendance à se relâcher. On est un peu, toutes proportions gardées, à la place de l’Islande après l’Angleterre. On a beaucoup donné, on a puisé dans nos réserves et il faisait extrêmement chaud à Marseille. Il faut récupérer vite, mais surtout garder l’urgence mentale… Il faut finir le travail…

… Mais on va le finir ce travail ?

Bien sûr, qu’on va le finir, on ne peut pas faire autrement ! Je me méfie un peu des Portugais, parce qu’ils ont une équipe qui a une culture du jeu, qui sait ralentir quand il faut, qui sait tuer le rythme d'un match. Ils n’ont pas un jeu pimpant, mais ils n’ont pas encore perdu. Et une équipe invaincue c’est toujours extrêmement dangereux. Ça donne petit à petit une force comme une racine à une arbre sur laquelle une équipe s’implante, et ça donne beaucoup de confiance.

Quand tu es Portugais, que tu joues une finale et que tu sais que tu as Cristiano Ronaldo dans ton équipe, ça te donne envie de t’accrocher comme un malade. Parce que tu sais que n’importe quand il peut te mettre un but. Ça donne une grande force à l’équipe. Je suis plus méfiant contre le Portugal que contre l’Allemagne."

"C’est de faire un truc salto depuis la tribune sur la pelouse. Mais malheureusement, je crains le pire (rires)."

Par Julien Choquet, publié le 09/07/2016

Copié

Pour vous :