Des employés qui travaillaient sur les chantiers du Mondial au Qatar attendent d'être payés depuis des mois

Plus de 2 000 dollars, soit environ 1 700 euros.

C'est la somme moyenne que doit Mercury MENA, une entreprise d'ingénierie qui a travaillé notamment sur les chantiers du Mondial au Qatar, à d'anciens employés qui attendent leurs salaires depuis des mois.

Le Stade de Ras Abu Aboud, qui accueillera des matches en 2022 © Site web du Comité suprême pour la livraison et l'héritage du Qatar

Le dernier rapport d'Amnesty International relève les différents manquements de cette entreprise depuis au moins 2017. On y apprend notamment que la fondation a interrogé entre octobre 2017 et avril 2018 près de 80 ex-employés de Mercury MENA, et cette entreprise leur doit des sommes importantes (en moyenne 2 035 dollars, soit environ 1 700 euros). Ces anciens employés viennent principalement d'Inde, du Népal et des Philippines : 

"D’après notre enquête, nous avons constaté que les retards dans le versement des salaires par Mercury MENA ont débuté aux environs de février 2016 et sont devenus plus récurrents et définitifs en 2017. En outre, l'entreprise n'a pas fourni de permis de séjour aux travailleurs comme l’exige la loi, ce qui a donné lieu à des amendes et a encore restreint leurs possibilités de changer de travail ou de quitter le pays."

Mercury MENA aurait également refusé à au moins un travailleur un "permis de sortie" lui permettant de quitter le Qatar. Amnesty International précise : "En vertu du système de parrainage en vigueur au Qatar, les entreprises ont le pouvoir d'empêcher les travailleurs de quitter le pays ou de changer d'emploi, ce qui limite leurs possibilités d’échapper aux abus ou de dénoncer leur traitement."

La fondation a eu l'occasion d'interroger les anciens employés sur leurs conditions de travail et a rapporté les mots d'Ernesto, originaire des Philippines : 

"J'imagine comment ce sera durant la Coupe du monde... Des gens venus du monde entier pour acclamer, rire, visiter les stades magnifiques, les sites de loisirs et les hôtels ici... Est-ce qu'ils s’interrogeront sur ce qui s’est passé dans les coulisses de ces bâtiments ?"

Amnesty International a pu s'entretenir avec un dirigeant de Mercury MENA, "qui a reconnu les retards importants dans le paiement des salaires mais a nié exploiter ses employés"

Ces derniers ont travaillé sur les chantiers d'un des stades où se déroulera la compétition à l'hiver 2022, mais aussi sur les sites qui accueilleront les cérémonies d'ouverture et de fermeture du tournoi, ainsi que sur une cité ouvrière abritant d'autres travailleurs, toujours selon Amnesty International. 

Que des N'Golo Kanté dans ma team.