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Siboy distribue les punchlines en guise de tacles assassins dans son album "Spécial"

On savait que Siboy kiffait le foot : il le confirme dans son premier album, Spécial. On a profité de cette sortie pour analyser ses punchlines footballistiques, et on est pas loin de sortir le carton rouge pour la violence de ses tacles !

Quand on avait demandé à Siboy comment il jouait au foot, il nous avait répondu : "Je suis le genre de joueur qui tacle, qui rigole, qui t’écrase les pieds et qui repart". Quand il rappe, c’est pareil : il violente la concurrence, mais toujours avec le sourire. Parmi ses armes au micro, il y a la punchline footballistique. Si tout le monde aujourd’hui fait du name-dropping avec des noms de footballeurs ou d’équipes, peu le font aussi bien que le rappeur du 92i. Il évite de nous parler de leur salaire, les comparaisons avec les grosses frappes de balle, et nous épargne le jeu de mot entre le terrain de foot et le "rain-ter" du quartier.

Siboy made in Konbini

Siboy made in Konbini

Certes, parfois, certaines phases sont faciles : "J’ai du potentiel comme Verratti", "talentueux comme Drogba" et plus récemment dans son album Spécial, "Talent précoce, négro, comme Mbappé" (il a le mérite d’être l'un des premiers à citer la pépite monégasque). C’est pourtant quand il sort des phases improbables qu’il est le meilleur. Il est un des rares du game à citer des entraîneurs : "La money vient et repart aussi vite que Bielsa" (dans "Un jour"), en référence notamment à l’intersaison 2016 où El Loco a quitté la Lazio de Rome… deux jours après son arrivée !

Autre exemple : le refrain de "Ce n’était pas si simple". Dans cet hymne trap, le Mulhousien scande "J'veux quitter la France comme Ancelotti". Un moment qui a dû lui faire mal, comme beaucoup de supporters parisiens, mais qu’il réutilise pour montrer une image simple à illustrer (Carlo a quitté le pays, puis a rejoint le Real et y a gagné la C1). On comprend que son intérêt pour le football dépasse le cadre de ce qui se passe uniquement sur le terrain ou sur sa console, comme beaucoup de ses congénères.

Autre cible des rimes assassines du rappeur cagoulé : les consultants sportifs. Dans un de ses premiers sons, "Ouragan", il s’en prenait à l’ancien entraîneur de l’OM avec la phase "tu parles trop comme Rolland Courbis". C’est peut-être le premier rappeur à attaquer de front un chroniqueur du ballon rond (sauf si on considère Patrice Évra comme un rappeur, mais c’est un autre débat).

Il a remis le couvert sur "Au revoir merci", le premier extrait de son projet sorti le 30 juin : "Les rappeurs me sucent comme Da Fonseca devant Messi". La punchline parle tellement d’elle-même qu’elle pourrait se passer de commentaires. On a un magnifique combo mêlant l’egotrip drôle et piquant, la référence dédiée à ceux qui suivent le ballon rond (et savent que le commentateur argentin pète souvent les plombs quand son compatriote marque) et éventuellement un peu de rancœur envers les Barcelonais et ceux qui les supportent avec un peu trop de ferveur. Une nouvelle fois, le défenseur central dans l’âme nous fait rire tout en étant violent, et se place au niveau d’un des plus grands joueurs du monde, tout en réduisant la concurrence à de simples fans.

L’autre joueur cité dans l'album est Abidal. Si Booba était plutôt clément avec l’ancien défenseur du Barca à l’époque de son feat avec Seth Gueko ("J’frappe fort, j’cours vite comme Abidal"), Siboy pique là où ça fait mal. Dans "Hitch", la sanction est irrévocable pour le finaliste du Mondial 2006 : "Ceci n'est pas match amical, en une saison, tu dégages comme Abidal". Si B2O a mis un stop à la carrière d’Eric avec sa fameuse malédiction, Siboy a creusé sa tombe, poussé le cadavre au fond du trou et l’a refermé, hilare. Le supporter du PSG fait référence à la saison qu’Abidal a passée à Monaco après son départ de la Catalogne. Une année compliquée pour le joueur, qui voulait participer au retour dans l’élite du club qui l’a lancé dans le monde professionnel. Si l’ASM a fini 2e, ce n’est surement pas grâce à son défenseur devenu lent et qui est reparti (en Grèce) après cette unique saison.

Autre option : "Tu dégages" était simplement en rapport avec le fait que l’ancien Lyonnais soit un défenseur et que dégager un ballon fait partie de ses fonctions. En tout cas, le champ lexical sur cette rime est bien choisi, puisqu’il lâche également un assez banal et commun "ceci n’est pas un match amical". Il voulait surement faire une dédicace à son duc de mentor qui l’a déjà utilisée dans son classique "Garcimore" ("J'suis là pour la gagne, ceci n'est pas un match amical").

Finalement, Siboy nous fait rire, pique la concurrence, démontre un vrai amour pour le football et règle parfois ses comptes avec les acteurs du ballon rond à travers des rimes acides et souvent bien trouvées.

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