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Roméo Elvis : "Je m’imaginais un rôle dans lequel j’étais le fils de David Beckham"

Roméo Elvis fait partie de ces Frenchmen du rap francophone. Belge et fan de Liverpool, son histoire d’amour avec le ballon rond s’habille forcément en rouge. Petite rencontre avec celui qui peut jouer au foot à 1 vs 0.

Football Stories⎜Le foot n’est pas quelque chose qui revient beaucoup dans ta musique. D’où te vient cette passion ?

Romeo Elvis⎜En Belgique, on a trois sports populaires : la boxe, le foot et le cyclisme. À la maison, mon père regardait beaucoup de foot, donc c’est quelque chose de familial de supporter les Diables Rouges et de regarder les matches de C1.

Du coup, comme tu es de Bruxelles, est-ce que tu supportes Anderlecht ?

Non, pas du tout. À Bruxelles, on a plusieurs clubs mais seul Anderlecht joue en première division. Nous on est pour Molenbeek, mon père était parrain du club qui s’appelle le RWDM et qui est maintenant en 2e ou 3e division. Donc le seul club qui brille de Bruxelles, je n’ai pas envie de le supporter car ce sont nos pires ennemis. Mon père a joué au club de Molenbeek donc c’est dans le sang. Tu peux me voir avec des maillots d’Anderlecht mais c’est de la provoc’.

©️ Konbini

©️ Konbini

Du coup, tu supportes qui en Ligue des Champions ?

Mon club, c’est Liverpool. Ca date de 2005 et la finale à Istanbul contre le Milan AC. La fameuse remontada en un match. À la mi-temps, mon père m’a dit "c’est bon le match est fini, va te coucher". C’est la première fois que je supportais Liverpool : comme il y avait une finale, il fallait que je choisisse une équipe et je ne voulais surtout pas supporter les Ritals (rires). Et le lendemain, il me raconte comment le match se finit et depuis ce jour je supporte Liverpool.

En ce qui concerne l’équipe nationale, en France, on a beaucoup parlé de la déception d’avoir perdu la finale. Mais la vraie déception de cet Euro, c’est l'équipe de Belgique, non? 

On a eu un gros manque de mental et d’expérience. Quand tu joues contre les Italiens, avec leur esprit compétitif et leur rage de vaincre, tu as beau avoir la meilleure équipe sur le papier, tu ne gagnes pas. J’ai peur qu’on ait raté le coche et le dernier train pour le succès. On parlait déjà de nous en 2014 au Brésil, on s’est fait éliminer lamentablement. Et là, je le sens moins bien pour les prochaines années. Je pense maintenant qu’on reviendra fort dans 5-6 ans parce qu’on a fait rêver pas mal de gamins, ça peut donner une bonne génération derrière Thorgan Hazard.

"On parlait déjà de la Belgique en 2014 au Brésil, on s’est fait éliminer lamentablement"

Il y a aussi Jason Denayer que tu cites dans le refrain de Des Bulles

Lui pour le coup, il n’a vraiment pas brillé à l’Euro. Je l’avais juste cité parce qu’il s’appelle comme ma rue, la rue Denayer et puis ça rimait bien avec "les meilleurs". C’était un des pires à l’Euro contre le Pays de Galles.

J’ai lu que tu avais perdu un morceau de dent à cause d’un ballon de foot. Ça ne t’a pas dégoûté du foot ?

Pas du tout. On était posés, j’avais une bière à la main et il y a un mec de L’Or du Commun, Loxley, qui a shooté dans une balle à ce moment, qui a heurté la bouteille et ma dent est tombée. Je suis plus dégouté de Loxley que du foot en fait.

Dans 2013, tu dis "Et j’étais vraiment nul au foot en club mais j’aimais jouer seul, j’imaginais que je barrais la route à Wayne Rooney". Tu étais si mauvais ?

La vraie histoire, c’est que j’ai toujours joué au foot mais je n’ai pas toujours été bon. Je jouais dans le club de la commune où je vivais, Linkebeek. J’étais assez mauvais et j’ai arrêté parce que je me faisais vraiment humilier. Je continuais à jouer parce que j’étais amoureux du foot, mais je ne pouvais pas jouer dans ce club et j’avais la flemme d’aller dans un club plus loin. J’ai commencé à jouer seul au foot. Je m’imaginais un rôle dans lequel j’étais le fils de David Beckham parce qu’il s’appelle aussi Roméo. J’ai grave pris de la technique en jouant seul.

Comment tu jouais seul ?

Sur un petit terrain. Quand j’y repense, je me dis que je me faisais vraiment chier à shooter dans la balle, puis aller la chercher à chaque fois. Il fallait vraiment le vouloir. J’ai joué comme ça 2, 3 ans et je suis devenu bon comme ça. C’est mes potes qui, après, m’ont dit que j’étais devenu bon. Et j’imaginais ce genre de scène où je bloquais Rooney, je doublais Cristiano Ronaldo, etc.

"Mes deux références ? Juninho et Nedved"

Quel genre de joueur te faisait kiffer plus jeune ?

C’était Juninho pour ses ballons flottants. Il y avait aussi Nedved à la Juve. C’est mes deux références. Ils ont un jeu assez sobre, comme Puyol aussi. Ils n’ont pas d’artifices, ils sont juste là pour gagner. 2006-2010, je suivais vraiment tout le foot sauf la Belgique parce que la Jupiler League c’est chiant !

C’est pas mieux depuis qu’il y a les playoffs ?

Ouais, à la fin de l’année je regarde les playoffs, c’est intéressant mais c’est vraiment con comme système. Tu peux être premier toute l’année et au final perdre sur un match. C’est un système qui serait bien en Espagne parce que ça ferait des Barça-Real de ouf ! Mais en Belgique, je trouve ça inutile.

Et en Coupe d’Europe, tu regardes ce que fait Anderlecht quand même ?

Ouais contre United ! Ben là bizarrement, je vais soutenir Anderlecht (Manchester United s'est qualifié après l'interview, ndlr). En Coupe d’Europe, je suis assez chauvin pour soutenir les clubs belges. Quand La Gantoise a tapé Lyon, c’était magnifique, pourtant j’en ai rien à foutre de La Gantoise.

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Ton album parle beaucoup des relations amoureuses. Est-ce compatible avec l’amour du foot ?

Je n’ai pas encore réussi à vivre une relation d’amour avec une meuf et en même temps le football. Ça a toujours été l’un ou l’autre, hélas. C’est peut-être aussi bien comme ça. Mais j’aimerais bien que ma meuf soit à fond dans le foot. Ma copine s’en fout du sport, mais elle tolère. Mon ex était contre le football, je ne pouvais pas regarder de match, ça créait des problèmes. Là, c’est juste qu’elle se fout de ma gueule quand je regarde un match. Mais elle joue à FIFA avec moi. On prend la même équipe, et en général on perd le plus tard possible.

Tu as fait ton projet Morale 2 en commun avec Le Motel, un beatmaker. Tu pourrais vous comparer à quel duo du football ?

Roméo Elvis : Oh putain ! Faut demander à JeanJass !

JeanJass : C’est forcément un passeur et un buteur

RE : Ça serait Fabregas … avec quel buteur ?

JJ : Diego Costa. Mais il n’est pas sympa.

RE : Mais ça me va parce que j’suis pas très sympa dans la vie.

Quelqu’un d’autre intervient : Vous pourriez être Cavani et Pastore !

RE : J’avoue, c’est plus propre et plus proche capillairement.

Pour finir, ton 11 de rêve ?

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