On a discuté avec le joueur qui a représenté l'Équipe de France lors de la première Coupe du Monde de Football Manager

Les 11 et 12 novembre derniers a eu lieu la première édition de la Coupe du Monde de Football Manager. 

Ils étaient 16, venus des quatre coins d'Europe, à défendre les couleurs de leur pays lors de la Copa Managerial, la première compétition internationale organisée par Sports Interactive, le développeur du célèbre Football Manager. Parmi eux Olivier Galle, plus connu sous le pseudo de Guru, sélectionné pour représenter les Bleus. Entretien. 

Depuis quand joues-tu à Football Manager ?

J'ai commencé à jouer avec Football Manager 98. Mais à l'époque, c'était un autre développeur, et le jeu était totalement différent. On pouvait choisir les pubs sur les panneaux au bord du terrain, ou décider si on voulait des camions de hot-dogs aux alentours du stade. Et puis il y avait tellement de grands joueurs à l'époque. 

Quel est le Football Manager que tu as préféré ?

Celui sur lequel j'ai le plus rigolé, c'est le fameux Football Manager 98. On pouvait parier sur son propre match, et payer l'arbitre en même temps, c'était génial. Après, si on parle du meilleur jeu,  j'aurais tendance à dire que chaque année le jeu se bonifie, et qu'il avance dans la bonne direction. J'aime beaucoup le dernier, Football Manager 2018, qui est le meilleur de tous, assez largement. 

Le week-end du 11 et 12 novembre, tu as été choisi pour représenter l'Équipe de France à la première Coupe du Monde de Football Manager. Comment as-tu été repéré ?

J'avais vu passer sur les réseaux sociaux une annonce, concernant le lancement de la Coupe du Monde de Football Manager. Pour avoir la chance d'y participer, il suffisait de remplir un formulaire sur Internet, et d'attendre ensuite sa sélection... ou non. Sur ce dernier, il demandait le nombre de titres remportés sur Football Manager 2017, et on avait un espace dédié pour raconter notre meilleur souvenir sur le jeu. J'ai eu la chance d'avoir beaucoup joué à FM 2017 (1 480 heures de jeu), et j'ai une liste de trophées très longue. C'est pour ça que j'ai été sélectionné. 

Quel était le format de cette compétition ?

Pour ce tournoi, le mode de jeu était une Fantasy Draft. Pour faire simple, chaque participant avait un budget déterminé (560 millions d'euros), et devait constituer son équipe avec cette somme, en choisissant un joueur à tour de rôle. Mais on avait une contrainte : nos cinq premiers choix de joueurs devaient correspondre à notre nationalité, et trois d'entre eux devaient être titulaires au début de chaque match. Après, en étant Français, j'étais beaucoup mieux loti que d'autres participants, il faut l'avouer (rires)

Raconte-nous le déroulé de ta compétition... 

Il faut savoir qu'elle se déroulait sous le format Coupe du Monde. On était 16 joueurs, donc quatre groupes avec quatre joueurs par poule. Pendant la phase de poules, on rencontrait chaque adversaire sur un match, et ensuite c'était un format aller-retour pour les matches à élimination directe. 

Le samedi j'ai fait trois matches : un nul contre le Pays de Galles, puis deux victoires face à la Suède et la République d'Irlande. Ça m'a permis de terminer premier de mon groupe, et j'ai perdu en quarts face à l'Écosse. Les matches aller et retour se sont soldés par un match nul, et tout s'est joué sur un troisième match décisif... au but en or. Pour l'anecdote, je me suis pris le but sur le coup d'envoi (rires)

Football Manager est un jeu qui passionne réellement les gamers, mais qui n'a jamais eu vocation à s'implanter réellement en tant que jeu en ligne, comme peut le faire FIFA. Est-ce que cette compétition peut être un tournant pour le jeu ?

Depuis quelques années, Sports Interactive veut développer ce côté-là de Football Manager. C'est l'une des raisons pour laquelle ils ont développé le mode Fantasy Draft. Parce que le jeu est déjà accessible en terme de graphisme, notamment grâce au moteur 3D. Mais il y a encore beaucoup de chemin à faire, notamment en ce qui concerne le marketing, le jeu n'est pas assez mis en avant. Il suffit de voir la communication autour de cette Coupe du Monde : personne n'en a parlé. 

Aujourd'hui, il n'existe aucun joueur de Football Manager professionnel ? 

S'il y en a, je ne suis pas au courant, donc je ne pense pas non. 

Tu aimerais avoir l'opportunité d'en devenir un ? 

Si l'opportunité se présente, je me jette dessus (rires). Mais j'ai du mal à y croire pour l'instant. Si une structure se lance, elle ciblera d'abord un ou deux joueurs, ceux qui ont le plus de visibilité sur la scène Football Manager, et du coup, je ne pense pas que ça me tombera dessus. 

Quelle tournure doit prendre Football Manager pour devenir un vrai jeu populaire, qui attirerait les annonceurs, proposerait des grands tournois et des cash price ?

Il faudrait peut-être améliorer le moteur 3D, pour que les actions soient plus réelles, mais sinon, je pense que le jeu est très bien comme ça. Il existe déjà des possibilités d'affronter des adversaires en ligne, mais le problème c'est que les gens n'y jouent pas beaucoup. Ce qu'il faudrait, c'est que Sports Interactive communique beaucoup là-dessus, et propose des saisons qualificatives, ou des tournois à l'échelle nationale, comme peut le faire EA Sports. Des tournois en ligne qui permettraient en fin de saison de sacrer un grand champion. Mais tout passe par le marketing. 

Finalement, est-ce que Sports Interactive souhaite réellement s'implanter dans ce monde eSport ? 

Ils pourraient se contenter de sa cible actuelle, mais Miles, le créateur du jeu, l'a dit plusieurs fois sur Twitter : il veut développer Football Manager sur la scène eSport. Le lancement de la Coupe du Monde tend vers ça, et elle sera normalement reconduite la saison prochaine. La vraie question est la suivante : comment vont-ils faire le nécessaire pour prendre ce virage ? 

Dernière question, pour les fans de Football Manager qui nous lisent : peux-tu nous proposer cinq joueurs à acheter d'office dans ce FM 2018 ? 

Il y a Arthur, le milieu de Grémio. Il a 21 ans en début de partie, et il devient monstrueux. Ensuite, je dirais Paulinho, l'attaquant ailier brésilien de 17 ans de Vasco de Gama. On ne peut pas non plus passer à côté de Vinicius Junior, le Brésilien qui rejoindra le Real Madrid à l'été 2018. Et puis je dois mentionner Thomas Lemar bien sûr, mais c'est cher (rires). Et enfin, un autre joueur est également très intéressant : Manolas, le défenseur de la Roma. Pour son niveau exceptionnel dans le jeu, il n'est vraiment pas cher (environ 20 millions d'euros).  

Paul Pogba est le meilleur joueur du monde.