"Même si on est handicapés, il faut que l'on profite de la vie" : le foot fauteuil, ce sport qui aide à l'insertion de tous

Jouer au football en fauteuil roulant. Cela peut paraître fou, mais c’est un vrai bol d'air pour les personnes victimes d’un handicap physique. Né en France, ce sport s’appelle le "foot fauteuil" et gagne en visibilité au fil des années. 

Né en 1989, le foot-fauteuil devient de plus en plus populaire, au point d’avoir sa propre Coupe du monde depuis 2002. L’Équipe de France en est d’ailleurs la championne en titre depuis cet été. Et si cette discipline est de plus en plus pratiquée en France, c’est notamment grâce à des associations comme l’Upsilon Chatenay Malabry, club fondé en 2005 par Abdedine Sebiane.

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Lui-même en situation de handicap, il sait que l’accès à la pratique des sports collectifs est important pour les personnes handicapées :

"L’idée est de permettre aux personnes victimes de grands handicaps, c'est à dire un handicap qui entraîne une dépendance physique, de pratiquer un sport collectif. De leur faciliter l’accès. Nous, ce que l’on souhaite, c’est qu’ils puissent faire la même chose que les personnes valides. Qu’ils puissent se définir autrement que par le statut d’handicapé. Que leur handicap ne soit pas l’élément central de leur identité."

Mais comment jouer au football dans un fauteuil roulant ? C’est la question que vous devez très certainement vous poser. Il faut tout d’abord savoir que des fauteuils électriques sont nécessaires (et mis à disposition par le club) pour pratiquer cette discipline. Les ballons sont eux de taille XXL. 

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Sur le terrain, chaque équipe dispose de quatre joueurs, trois de champ et un gardien. Abdedine nous explique en détail les règles très particulières du foot fauteuil:

"Les règles se rapprochent fortement de celles du football. Il y a des coups-francs, des corners et l'objectif premier est de marquer des buts. Dans l’intention c’est la même chose, même si vous vous doutez qu’il n’est pas possible de lever le ballon. Après, il y a des petites règles pour aérer le jeu. Par exemple, celle du '2 contre 1', qui interdit à deux défenseurs de s’opposer à un attaquant. Seul le un contre un est permis. Cela permet de favoriser le jeu d’équipe. Il y a aussi la règle du hors-jeu, qui interdit aux trois joueurs de champ de défendre dans leur surface. Sinon ça serait compliqué de jouer."

Chaque jeudi soir et samedi après-midi, les adhérents peuvent oublier leurs soucis du quotidien en venant s’entraîner dans le gymnase municipal mis à disposition du club.

Depuis deux ans, Mohammed, 11 ans, participe aux entraînements de l’Upsilon. Pour sa mère qui l'accompagne, la pratique du sport lui permet d'accepter plus facilement son handicap : 

"Lorsqu'on a un enfant handicapé, tout change. Sa vie comme la nôtre. Rien n’est plus comme avant. Donc ça lui fait du bien de pouvoir pratiquer quelque chose qu’il faisait avant son handicap. Notamment du sport, même sur un fauteuil. Il peut tout faire, même avec sa maladie."

Elle en profite pour remercier les associations qui améliorent le quotidien des enfants handicapés :

"C’est bien qu’il y ait des associations qui aident les enfants handicapés, notamment en fauteuil roulant. Je les remercie énormément pour ce qu’elles font pour mon fils. Ça le rend heureux et donc nous rend aussi." 

Des associations qui permettent notamment à Mohammed de pouvoir sortir de chez lui et de faire une activité sportive comme les autres :

"Ça me rend heureux de pouvoir faire du sport comme avant. Ça m’aide à oublier mes soucis de tous les jours. Et surtout, ça permet de sortir un peu de la maison. Même si on est handicapés, il faut que l'on profite de la vie !"

Grâce à l’Upsilon Chatenay-Malabry, les adhérents de l’association peuvent de nouveau rêver de viser la lune (et les lucarnes). Même assis dans un fauteuil.

N'hésitez pas à suivre et soutenir l'association sur leur page Facebook.

Je veux vivre d'amour et de Javier Pastore