En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de nos cookies afin de vous offrir une meilleure utilisation de ce site internet. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies, cliquez ici.

Alonzo : "À Marseille, dès que tu nais, il y a un tampon OM sur le livret de famille"

Avec les Psy4 de la Rime et sa carrière solo, Alonzo, c'est 20 ans dans le rap. À 35 ans - et autant d'années à supporter l'OM - celui qui vient de sortir son album 100% fait désormais partie des piliers de la scène phocéenne et hexagonale. Rencontre avec le dernier Marseillais à avoir soulevé la Ligue des Champions. 

Football Stories | On a interviewé IAM et le Ghetto Phénomène et ils disaient qu’on jugera le projet marseillais après le mercato. Aujourd’hui, qu’en penses-tu ?

Alonzo | Je pense qu’on a du potentiel mais que ça reste fébrile au vu des ambitions du président et du projet de l’OM. Surtout qu’on voit une équipe s’armer jusqu’aux dents avec les arrivées de Mbappé et Neymar. Ça reste juste pour prétendre au titre cette année.

On t’a vu aller voir des jeunes du centre de formation à Marseille. Tu as de bonnes relations avec le club ?

On s’entend bien avec le club. Je trouve que c’est quelque chose d’important parce que, dans ce centre de formation, il y a beaucoup de jeunes qui viennent de la cité et d'autres d’Outre-mer. Ils passent des moments très difficiles loin de leur famille.

Tu leur donnes quoi comme conseils ?

De toujours s’amuser. S’ils en sont là aujourd’hui, c’est que la passion a pris les devants. Si ça peut devenir un métier, tant mieux. S’ils prennent plaisir à faire vivre le cuir, comme on dit à Marseille, ça va bien se passer.

"Pour nous, l’OM c’était un club qui ne pouvait pas perdre"

Quels sont tes souvenirs d’enfance de supporter marseillais ?

Je suis né en 82, on a gagné la Ligue des Champions en 93, c’est marquant. On avait un abonnement Canal+ pour trois familles, on se réunissait dans les maisons et pour nous, l’OM, c’était un club qui ne pouvait pas perdre.

Tu suis d’autres équipes ?

À Marseille, dès que tu nais, ton père va te reconnaître à la mairie et il y a un tampon OM sur le livret de famille, tu ne peux rien faire contre ça. Mais j’aime beaucoup le Real Madrid, déjà à l’époque des Galactiques, beaucoup pour Zidane aussi et KB9 maintenant.

BRAVO CHAMPION @karimbenzema #Kb9 #Alz #HalaMadrid #APORLA12

Une publication partagée par Alonzo (@alonzofficiel) le

Lors de leur dernière victoire en Ligue des Champions, tu t’es retrouvé sur la pelouse de Cardiff. Peux-tu nous raconter comment tu es arrivé là ?

C’est la musique qui nous a rapprochés avec Karim. C’est quelqu’un qui écoute beaucoup de rap, on s’est envoyé des Snaps et on a fini par s’échanger des coups de fil. Il m’a dit : "Si tu ne fais rien le jour de la finale, je t’invite". J’ai réussi à me démerder pour avoir un peu de temps et j’ai assisté à un magnifique match. Je ne pensais pas fouler la pelouse mais il a fait les choses en grand. Il m’a appelé quand j’étais dans les tribunes et j’ai fini par soulever cette Ligue des champions. J'étais comme un enfant et je contrôlais beaucoup mes pulsions parce que je voulais courir. C’était un magnifique moment.

Ton morceau "Génération X-Or" fait référence à une série japonaise de ta jeunesse. Si ça avait été un joueur de foot, tu aurais appelé ton morceau "Génération…"

C’est "Génération Papin" ! (il le dit avec un accent marseillais très prononcé, ndlr). C’est les papinades ! Et oui, l’OM à cette époque, on était invincible, c’était le Real d'aujourd’hui. C’est pour ça que dans les quatre coins de la France on a des supporters.

"On porte souvent des Asics qui ont énormément de couleurs. Il faut bien le survêtement qui va avec ! "

Dans "Bagarre" tu parles des "trentenaires en survêt du Dortmund". Qu'est-ce qu'il se passe à Marseille avec ce survêt ?

À Marseille, c’est nous qui avons sorti cette mode des survêtements il y a quelques années. À Paris, on nous charriait et maintenant, ça existe dans toute la France. Il ne se passe rien avec ce survêtement, si ce n’est qu’il y a du jaune fluo et à Marseille, on porte souvent des Asics qui ont énormément de couleurs. Il faut bien le survêtement qui va avec ! On soutient tous l’OM mais ceux qui se vendent le plus sont ceux de Chelsea, du Real… Tant que ça va avec la paire d’Asics, tout va bien. Mais le cœur reste bleu et blanc.

Justement, on a vu des affiches au Vélodrome qui critiquent ceux qui viennent avec des équipements d’autres clubs, qu’en penses-tu ?

Je peux le comprendre mais cela vient d’ultras, de fervents. On est tous d’accord que le côté mode, entertainment a pris le dessus sur le football. Il y a 15 ans, à Marseille, si tu avais un maillot du PSG, tu pouvais avoir des problèmes. Aujourd’hui, tu peux en voir, même si je le dis avec une petite voix. Aujourd’hui, le merch a pris le dessus sur les vrais passionnés.  

Tu dis "Fais le fou, dis que t’es bon au foot, on va t’en mettre 2, 3 dans les jambes". Tu n’aimes pas les mecs bons au foot ?

(Rires) Il faut remettre les choses dans leur contexte, c’est juste de l’egotrip. Si j’essaie de l’expliquer, je vais dire n’importe quoi. Moi-même je joue au foot en salle une à deux fois par semaine. Étant petit, j’ai fait deux clubs en 3 ans, dans mon secteur de Saint-Antoine, dans le 15e. J’ai fait vivre le cuir quand j’étais jeune. J’étais un milieu offensif, je pleurais pour porter le 10. J’avais l’impression d’être pas mal mais j’ai vite compris que j’étais meilleur dans le son. Je faisais les deux en même temps et parfois Soprano venait me chercher pour répéter et moi je voulais jouer au foot. Il y avait des petites embrouilles dans le groupe mais rien de méchant.

Quand on a interviewé Benash, il nous a dit que tu avais refusé de faire des plans au Parc des Princes pour votre clip tourné à Boulogne…

(Rires) Sacré Benash ! J’peux pas faire ça ! Benash, c’est un ami, on se respecte mais il ne peut pas pousser le bouchon aussi loin ! Faire un playback devant le Parc des Princes ? Je ne rentre plus à la gare Saint-Charles, c’est mort ! Il ne me l’a pas demandé deux fois !

Quand tu dis "Je suis une légende comme CR7", pour toi c’est le meilleur joueur du monde ?

À l’heure actuelle ? Qui peut teste ? Il est à l’aube de son cinquième Ballon d’or, il a remporté tous les trophées sauf la Coupe du Monde. Pour moi c’est le King. Dans l’histoire du football, c’est compliqué. Je ne suis pas de la génération du Roi Pelé mais j’ai vu son film et des docs, quand Maradona brillait, j’étais à peine vivant. Après il y a eu Zidane. Je ne pourrais pas les classer mais je mets Cristiano Ronaldo dans le même lot. Avec Messi juste derrière.

Dans un morceau tu citais Anigo, dans un autre Berlusconi. Tu aimes bien ces dirigeants sulfureux ?

Un peu ouais. Ce genre de Tapie ! Ce sont des gens qui se font entendre et quand il y a beaucoup d’ego dans un vestiaire, quand un Tapie descend de sa loge présidentielle… (il souffle) c’est très important. On a parfois l’impression que les dirigeants ont peur de l’ego des joueurs. À Marseille, il faut un dirigeant qui a de l’argent et de la poigne.

Tu vois qui comme dirigeant de cette trempe aujourd’hui ?

Il n'y en a plus, il faudrait Floyd Mayweather avec ses milliards (rires) !

Dans "Feux d’artifices" avec MHD, il y a une phrase en portugais sur le refrain. C’est pas un peu trop tôt, un an seulement après la défaite en finale de l’Euro ?

(Rires) En même temps moi je suis CR7 ! Mais il y a une forte communauté portugaise en France et ça faisait bien sur la musique.

Donc tu étais pour le Portugal ?!

Je n’ai pas envie de parler de ce sujet… J’étais pour la France mais quand CR7 s’est blessé, j’étais malheureux. J’étais content au final pour CR7 et déçu pour la France, c’était mitigé.

Ton 11 de rêve ?

Je vais te mettre des offensifs, ils vont tous jouer devant et derrière. 

Entraîneur : Raymond Goethals

https://youtu.be/AhrYTl740jg